La Compagnie des Bras Cassés (Episode 7)

Edit : Cet article a été initialement publié le 29 décembre 2005.

La Compagnie des Bras Cassés

Épisode 7 : Où l’on a le récit de ce qu’il advint dans l’auberge

Vers l’Épisode 1…

Nous avions laissé nos héros au moment où ils arrivaient à quelques pas de l’auberge « Au Bon Piège ».

La porte de l’établissement s’ouvrit, laissant s’extraire avec difficulté un orque bedonnant dont la bonhomie ne semblait avoir pour égal que l’embonpoint.

Qwar posa instantanément la main sur la garde de son épée, tandis que les lèvres de Resei remuaient silencieusement, préparant son sort le plus ravageur pour les narines de l’ennemi. Dans le même temps, Hoops souriait comme un benêt et Nœil cherchait frénétiquement un endroit où se terrer, avant de remarquer que l’adversité était grandement inférieure en nombre. Habalorm suivait la scène, dubitatif, mais ne semblait pas vouloir intervenir.

Au moment où la lame de Qwar fut sortie à moitié de son fourreau, l’orque s’adressa à eux.

— Oh là, mes braves ! Point n’est besoin de croiser le fer ! dit-il d’une voix chaleureuse. Ici vous ne craignez rien de plus qu’une banale indigestion, car la nourriture est riche dans mon auberge, foi de Piäjakon !

Le bûcheron fit alors un signe de la main à ses compagnons pour leur signifier de se calmer. Une lueur furieuse habitait le regard de Qwar. Il rengaina néanmoins son arme. L’aubergiste lui répondit par un sourire avenant et les invita à entrer dans son humble établissement.

— Qu’as-tu à nous proposer pour le repas aubergiste ? lui demanda Nœil.

— Une bonne chère de la meilleure qualité, Messeigneurs, lui répondit Piäjakon en s’exprimant suffisamment fort pour que tous l’entendent dans l’auberge.

Arrivé à ce point du récit, il serait temps de décrire ce que les neuf yeux interloqués de nos héros pouvaient observer à l’intérieur de la gargote.

Il y régnait une atmosphère pesante, oppressante, lourde des effluves des créatures qui y étaient attablées. Pêle-mêle, on trouvait six orques, trois gobelins, un troll, quatre mörks, un kragg nain, deux homme-lézards aux écailles noires et un petit lapin au curieux pelage vert qui rongeait une carotte dans un coin de la pièce commune. Tous dévisageaient les nouveaux arrivants avec un rictus carnassier, sauf le lapin trop occupé avec sa racine un peu terreuse.

Le maître des lieux indiqua à ses clients sa meilleure table, juste à côté des cuisines, pour profiter de la chaleur des fourneaux. Pendant qu’ils s’installaient, Piäjakon se dirigea vers l’ardoise vide, sur laquelle il indiqua à la craie la composition du menu du jour.

Entrée du jour
Velouté du Voyageur aux Yeux Pochés

Plat du jour
Soufflé de l’Imbécile Perdu
accompagné de Trognes Vapeurs
et de Tagliatelles à la Borgne

Desserts du jour
Gelée d’Aisselles
Profiteroles de Cervelets Écervelés

— Un menu particulier, mais au combien original et alléchant, précisa Hoops à l’intention de ses compagnons.

— C’est vrai que les dénominations sont tout à fait exotiques ! ne put s’empêcher d’ajouter Nœil. L’entrée du jour me semble succulente.

— Et les desserts ! Je m’en lèche les babines à l’avance, compléta Qwar.

Resei ne put qu’opiner du chef en salivant. Seul Habalorm était curieusement insensible à l’extravagance culinaire des cuisines de Piäjakon. Il semblait une fois de plus en plein bouillonnement interne, prêt à exploser d’une fureur trop longtemps contenue. Ce fut avec une indescriptible rage qu’il prit la parole, hurlant sans se soucier des oreilles attentives des autres clients de l’auberge.

— Bande d’imbéciles ! Comprendrez-vous un jour ce qui se passe autour de vous ! C’EST NOUS LE MENU !!!

Les quatre compères le regardèrent avec des yeux ronds, avant de contempler les mines patibulaires des créatures affamées qui les entouraient. Pour la première fois de leur existence, leurs quatre esprits pensèrent à l’unisson face au danger.

Piäjakon sortait de la cuisine avec deux ogres de barbarie évidente, armés de couteaux à désosser. Leurs intentions apparaissaient limpides. Tout comme celles des autres clients, se partageant les tâches entre bloquer les issues et immobiliser leur gibier.

Et tout devint subitement confus, à mesure qu’une épaisse poussière noire provoquait de convulsifs éternuements en se répandant dans tout le volume de l’auberge. Le reste de la scène demeure indescriptible et inintéressant de surcroît. Sachez simplement que nos héros s’en sortirent miraculeusement grâce au sacrifice héroïque du lapin vert, catapulté à sa grande surprise depuis l’énorme pied d’Habalorm jusque dans le gosier du troll, qui fut attaqué par les orques et les gobelins, jaloux qu’il soit le premier servi alors qu’il était le dernier arrivé à l’auberge, les autres clients se jetant dans la mêlée l’instant suivant.

Nos héros, donc, parvinrent ainsi à vaincre l’adversité une fois de plus, s’extrayant, hilares, de la gargote. Ils prirent immédiatement la fuite, guidés par le bûcheron.

Ce qu’il advint ensuite des clients de l’auberge ? La rumeur laissa supposer que l’infâme bouge avait fini par s’effondrer sur lui même, victime de la fureur des créatures qui s’entretuaient et s’entredévoraient en ses murs.

Intermède 1

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13 réflexions sur “La Compagnie des Bras Cassés (Episode 7)

  1. un coucou en passant…la j’ai pas la tête à lire quoique ce soit….Mon cerveau est au abonné abscent lol J’arrive pas à me concentrer sur ce que je lit!!! foutu rhume de cerveau!!! j’suis fichue!!!!!!!!!!!Bizzzz à mon ami Bald!^^sugi la fourmiz qui va se recoucher…

  2. heureusement qu’il en au moins un qui a un peu de bon sens dans la troupe car autrement ils passaient tous à la casserole, hihi…
    bonnes fêtes de fin d’année à toi et à ta douce , bises

  3. je relirais calmement cela à mon retour, je part en alsace pour les ripailles de fin d’année. Amitiés du vieux sorcier et bonne fin d’année, j’oubliais… bisous à la petite Fée

  4. Ils sont baleises tes aventuriers ! Ils se sortent toujours avec panache de toutes les situations.J’adore ton jeu de mot : ogre de barbarie.De la gelée d’asselles, je crois qu’il y en a demain au menu de mon réveillon, miam miam.

  5. Un restau qui ne sera pas dans le futur Michelin !!
    Je te fais un petit coucou d’un cyber-café. (chez moi je suis connecté mais en bas débit donc bonjour la galère !!)

  6. Pingback: Semaine 26- La revue de Web « Agaboublog

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