Défis Fantastiques 16 : Défis sanglants sur l’Océan

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Située à l’extrême nord de la Mer Intérieure, la cité de Tak, repaire de coupe-jarrets, de forbans, de flibustiers de la pire espèce, jouit d’une effroyable réputation. Parmi tous les pirates qui hantent ce port, vous êtes reconnu comme le plus redoutable. Mais vous partagez avec Abdul le Sanguinaire ce sombre honneur. Un partage qui n’est pas fait pour vous plaire, à l’un comme à l’autre. Aussi avez-vous décidé d’un pari : le premier de vous deux qui ralliera l’île de Nippur, dans la Mer du Sud, en ayant amassé le trésor le plus considérable, sera sacré Roi des Pirates. Pillages, abordages, brigandages… tout est permis ! Hissez sans tarder les voiles de la Terrifiante, et bon vent !

Deux dés, un crayon et une gomme sont les seuls accessoires dont vous aurez besoin pour vivre cette aventure. VOUS seul déciderez de la route à suivre, des risques à courir et des créatures à combattre. Alors, bonne chance…

Je vous avais prévenu, il va y avoir beaucoup d’articles en lien avec les LDVELH à partir de maintenant, notamment des retours de lectures.

Commençons par le dernier que j’ai refermé : Défis Sanglants sur l’Océan, seizième aventure dans la série historique : Défis Fantastiques. Il est écrit par Andrew Chapman, à qui l’on doit seulement 5 LDVELH.

Première remarque : on incarne un pirate sanguinaire, prêt à toutes les exactions pour accumuler le maximum de richesse, ça nous change des héros au cœur pur qui sont destinés à sauver le monde !

Deuxième remarque : la liberté d’action est assez colossale, puisque nous pouvons choisir (moyennant les propositions de l’auteur quand même) l’ordre dans lequel on va explorer chaque lieu. Là on atteint déjà une des premières contraintes pour pouvoir l’emporter dans ce LDVELH : trouver une route optimisée pour que le voyage tienne dans les 50 jours qui nous sont impartis. En soi, ce n’est déjà pas évident. De nombreux lieux n’apportent rien de positif et font perdre un temps déjà précieux.

Bien entendu, cette voyage sera l’occasion de retrouver la plupart des thématiques attendues dans un récit de pirates : abordages, explorations d’épaves, rencontres avec de vieilles connaissances qui ne nous ont pas oublié, pillages… Globalement l’ambiance est bien rendue, même si chaque étape est nécessairement trop courte avec la contrainte des 400 paragraphes.

On récupérera des objets magiques en cours de route, mais attention car suivant vos choix, certains bonus a priori causeront votre perte en fin de compte !

Niveau système de jeu, on retrouve les règles classiques des Défis Fantastiques, mais avec deux caractéristiques supplémentaires : la Combativité et la Force d’équipage qui servent pour les combats de groupe (comme les abordages), mais aussi pour déterminer si votre équipage manœuvre le navire avec efficacité. Il va sans dire que la compétence Force d’équipage est essentielle, et que la préserver est une des priorités de l’aventure.

J’ai cependant trouvé dommage que les règles ne permettent pas d’épargner un adversaire pour le vendre comme esclave ou de pouvoir utiliser ses prisonniers pour remplacer l’équipage disparu. Ce dernier point étant crucial car les possibilités d’acheter de l’équipage sont seulement au nombre de deux (vers le début et vers la fin de l’aventure) et obligeront à ponctionner largement dans son butin.

J’ai retraversé le livre à de nombreuses reprises (une bonne vingtaine de fois) sans parvenir à trouver le chemin optimal. On se rend compte au final que sous couvert d’une très grande liberté, l’auteur a écrit un bon vieil OTP (One True Path = un chemin unique pour mener à la victoire) des familles. Ce qui au final est assez frustrant car il y a beaucoup d’éléments à réunir pour parcourir ce chemin.

En effet, trop de contraintes sont à relever pour parvenir à la victoire sur Abdul le Sanguinaire : moins de 50 jours, réunir au moins 800 pièces d’or de  butin, le tout en préservant non seulement son endurance pour le combat final (Excellent en soi puisque entièrement narratif, sans aucun jet de dé. Une des réussites de ce LDVELH.) mais aussi son équipage. Si celui-ci n’est pas au-delà d’un certain seuil, il est quasiment impossible de boucler l’aventure.

Du coup les échecs sont nombreux, même en allant au terme du voyage. J’y suis parvenu deux fois, mais jamais avec un butin suffisant. Je pense que c’est là un des écueils du livre. Il y a un fort risque de lassitude et de découragement car dans l’ensemble, il est assez difficile et les paragraphes conduisant à votre mort ou à la perte de votre navire, souvent sur le résultat d’un jet de dés, sont légions.

Ajoutant à cela l’absence presque totale de paragraphes permettant de regagner de l’Endurance, de la Force d’équipage et de la Chance (j’ai dû croiser au maximum deux paragraphes de chaque au fil de mes tentatives), et l’on se rend compte de l’extrême difficulté à l’emporter. Surtout que certaines rencontres enrichissantes se font selon le nombre de jours écoulés, suivant qu’il est pair ou impair. Cela fait beaucoup de hasard quand même.

Mais au final, l’aventure est vraiment agréable, avec une ambiance bien retranscrite et un challenge ardu à remporter. Parvenir à la victoire doit procurer un indéniable plaisir car il faut la mériter celle-ci !

En conclusion : Difficulté 18/20 et Intérêt : 15/20.

Edit du 30 août 2013 : Je viens de lire divers retours d’autres joueurs. En réalité, ce n’est pas un OTP et plusieurs chemins permettent d’amasser le butin nécessaire dans le délai de 50 jours. Me voilà rassuré. Du coup : Intérêt 17/20.

A Song of Ice and Fire – 1 : A Game of Thrones ~ George R. R. Martin

Depuis deux bonnes années que je devais le faire, je me suis enfin lancé dans cette désormais célébrissime saga de fantasy. Je dois reconnaître que de longues tergiversations pour choisir entre une lecture en VO ou sa traduction souvent décriée ont retardé le moment de m’y mettre. Mon choix s’est finalement arrêté sur la VO.

Je ne vous ferai pas l’affront de rappeler le pitch du roman…

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Du style et des points de vue

Premier constat, le style est fluide, très direct, très accessible. Le vocabulaire est finalement relativement répétitif et les quelques mots qui m’ont posé problème ne se sont pas révélés pénalisants. Les rares a revenir à plusieurs reprises ont été les seuls nécessitant un passage par le dictionnaire. Rien de bien gênant pour la lecture.

Par comparaison avec la traduction française (j’ai le premier tome dans ma bibliothèque, du coup je me suis amusé à comparer de temps en temps un paragraphe par-ci, un paragraphe par-là), on passe d’un style peu littéraire, reconnaissons-le, à un style hautement littéraire dans notre langue. Les tournures m’ont du coup semblé inutilement alambiquées, là où Martin les a voulu directes, sans fioritures. Cela m’a paru aboutir à des dialogues à la langue fleurie en carton pâte, bien moins sympathiques à lire que la version originale et cadrant parfois bizarrement avec les personnages.

Je pense par exemple au moment où Jon Snow offre à Arya l’épée qu’il a fait forger pour elle et lui dit « Première leçon. Frappe-les d’estoc.« , traduction bien éloignée à mon goût du « First lesson. Stick them with the pointy end.« , beaucoup plus direct et ne faisant pas appel à un vocabulaire spécifique. Ce qui est bien plus logique en s’adressant à une enfant de 9 ans. Bref, je suis satisfait d’avoir choisi la version originale du texte.

La gestion des points de vue m’a semblé fort pertinente et bien traitée, permettant à de nombreux aspects du récits d’être abordés. Certaines focalisations, celle de Sansa par exemple, apportent même un décalage intéressant pour certaines scènes. Celle du tournoi où meurt l’écuyer, fraîchement fait chevalier, de Jon Arryn prend ici une autre dimension, dédramatisée puisqu’il n’est qu’un chevalier inconnu aux yeux de Sansa.

On sent tout l’art du scénario de série que Martin a pu développer au fil des années, le rythme est quasi parfait, le choix de l’ordre des enchaînements entre les personnages savamment étudié. J’adhère totalement ! Et contrairement à ce que j’ai pu lire ici ou là, je n’ai pas ressenti de surenchère au niveau des cliffhangers de fin de chapitre. L’ensemble est bien dosé à mon goût.

J’ai passé un super bon moment de lecture, même si ce n’est pas la claque à laquelle je me serais attendu. Peut-être le fait d’avoir vu la série auparavant et de connaître les principaux moments de l’intrigue ?

Des adaptations

le-trone-de-fer-saison-1Quand on pense au Trône de Fer, on pense forcément à son adaptation en série. C’est d’ailleurs par l’intermédiaire de celle-ci que j’ai posé le pied à Westeros. Globalement, je trouve après lecture que la première saison de la série est plutôt fidèle aux intrigues développées dans ce premier tome de la saga. Certes les personnages sont physiquement différents de ce que j’aurais attendu, mais cela ne pose pas de problème, d’autant que les acteurs tiennent parfaitement la baraque. Par contre, certains personnages m’ont attiré davantage de sympathie dans la série que dans le roman, les scénaristes de celles-ci leur ayant donné plus de présence que la narration de Martin (je pense par exemple à Littlefinger).

Je ne reviendrai pas sur les libertés prises par la série, on trouvera sans soucis des articles en traitant en long, en large, en travers, et avec une analyse plus fine que ce que je pourrais proposer.

bd-le-trone-de-fer-volume-1Plus proche du roman, l’adaptation en bande dessinées est tout à fait convenable. J’ai lu les premiers épisodes juste après avoir lu le roman et honnêtement, je m’y suis beaucoup plus retrouvé au niveau du contenu. Par contre, j’ai eu l’impression que de nombreux détails, de nombreuses transitions manquaient pour une bonne compréhension de la bande dessinées. À plusieurs reprises, je me suis dit que si je n’avais pas lu le roman, je me serais demandé où je vais. Le style graphique m’avait rebuté au premier feuilletage, mais on s’y fait.

En conclusion : la série est plus compréhensible, les acteurs y ont des gueules qui donnent du caractère aux personnages et les rendent attachants. La bande dessinée colle plus près au texte (quelle femme cette Cat dans le roman graphique, bien plus proche de l’image qu’en donne le roman), mais gère mal ses enchaînements.

Où l’on atteint le point Larme Noire de cette chronique…

Les habitués des lieux l’ont certainement remarqué lors de précédentes chroniques, par moment, j’aime bien enchaîner avec les enseignements tirés pour mes propres projets.

J’avais évoqué lors de mon retour de lecture de la formidable Horde du Contrevent mon envie de proposer un récit à multiples narrateurs pour La Larme Noire, histoire de permettre à certains personnages d’exister davantage. Là, contrairement à ce qu’avait proposé Alain Damasio avec des focalisations internes à la première personne, Martin nous propose des focalisations internes à la troisième personne, et cela fonctionne très bien je trouve.

Le nombre limité de focalisations est également un plus pour A Game of Thrones. Le découpage en chapitres nommés selon le personnage que l’on va suivre, permet de tout de suite savoir où l’on est, quelle partie de l’intrigue va (a priori) avancer. Dans La Horde, il faut un temps pour bien cerner qui parle à quel moment, mais l’assimilation de chaque symbole est quand même rapide. Cependant, traiter un grand groupe de personnages comme celui de La Horde est certainement plus adapté au choix de la première personne.

Je garde l’idée des focalisations internes à la troisième personnes, qui pourrait trouver tout son intérêt à partir du troisième épisode, et même dès le premier. À vrai dire, elle se présente comme un choix incontournable si je veux gérer les choses comme je le souhaite.

Les idées s’affinent peu à peu, et c’est bien bon…

Jésus contre Hitler, épisodes 1 à 3 ~ Neil Jomunsi

Le vendredi, sur les réseaux sociaux, c’est le jour de VendrediLecture, excellente initiative vous proposant de gagner des livres en partageant vos lectures. Alors quel meilleur jour dans la semaine pour vous parler de mes dernières lectures (pas toujours les plus récentes) ?

Cette semaine, je vais vous présenter une série que j’ai lue lors de la seconde moitié de 2012 et dont j’ai parlé régulièrement sur ce blog sans jamais la chroniquer : Jésus contre Hitler, écrite par Neil Jomunsi (à qui l’on doit notamment La Bilbliothèque Infernale et Menu Cthulhu, les deux Livres dont Vous Êtes le Héros qui ont remis le genre au goût du jour dans l’édition numérique, ainsi que Moi Bobby Bébé Zombie). 3 épisodes sont parus à ce jour et constituent la première saison de cette série publiée par Walrus.

Épisode 1 : Zombies nazis en Sibérie

jesus-contre-hitler-01Sibérie, fin des années 60. Grâce à la magie noire, le sinistre Adolf Hitler est de retour, plus dément que jamais. Son plan? Ressusciter le plus de cadavres possible et constituer une armée de zombies nazis invincibles! Pour certains, il s’agirait de la Fin du Monde. Pour d’autres, c’est simplement le début d’une nouvelle journée de travail. Car John J. Christ, chef de l’Agence B, connait bien le problème: il a plus d’une fois affronté le petit moustachu hystérique et sait comment déjouer ses plans démoniaques.

À l’aide de son nouveau coéquipier David Goldstein, qui se demande bien pourquoi on a absolument tenu à l’incorporer dans cette unité délirante, John va faire ce qu’il sait faire de mieux: botter les fesses des créatures de cauchemar, des monstres des abysses, des esprits frappeurs et autres méchants en tout genre. Ha oui, on ne vous avait pas dit? John J. Christ n’est autre que Jésus, le seul, le vrai, l’unique. Et il est en colère.

Vous l’aurez compris, ce n’est pas un récit qui va se prendre au sérieux. Et ça fait du bien ! C’est bien écrit, ça va vite, très vite. Une ambiance de série B assumée, avec des dialogues qui font mouche et des personnages bien campés. Ce premier épisode est l’occasion de poser les bases de la série, de faire connaissance avec l’Agence B, David, John et même un certain “petit moustachu hystérique”. L’occasion de rappeler que l’on peut rire de tout.

L’action est au rendez-vous et la part belle est réservée à l’humour… noir bien entendu ! Une lecture à ne surtout pas prendre au premier degré (de toute façon comment pourrait-on le faire ?) et rien ne vous retiendra de découvrir cette série, puisque ce premier épisode délirant est GRATUIT ! Et puis ce final… Bref, on en redemande et ça tombe bien pour ceux qui découvrirait aujourd’hui car il y a encore 2 épisodes derrière.

Épisode 2 : Tentacules en folie

jesus-contre-hitler-02Vous connaissez Cthulhu ? Pour vous, il ne s’agit peut-être que d’une création imaginaire de H.P. Lovecraft. Mais John J. Christ, lui, le connait bien : c’est une vieille connaissance. Alors, lorsque le démoniaque dieu poulpe décide de se réveiller pour semer la terreur sur la planète, il faut agir et vite ! David Goldstein, le fidèle bras droit de John, ne le sait que trop bien: depuis peu, les rêves du militaire sont peuplés de créatures de cauchemar. Y aurait-il un lien avec l’Apocalypse à tentacules en préparation ? C’est ce que nos deux comparses découvriront. Mais pour mener à bien cette mission, il leur faudra de l’aide. De l’aide hautement qualifiée…

Ce deuxième épisode c’est, comment dire… mon préféré des 3 ! Déjà pour le sujet, le ton employé et pour les idées qui foisonnent dedans (cette aide “hautement qualifiée” et son environnement, j’adore). On y retrouve la sauce cocktail au bon goût de série B du premier épisode, mais en plus développé, prenant un peu plus le temps de poser les choses. Il faut dire que ce second épisode est deux fois plus long que le premier.

Là aussi on dévore le récit sans se prendre la tête, toujours accompagné par l’humour pas toujours du meilleur goût, mais tellement délectable, inhérent à ce type d’histoire. Il va sans dire que si le premier épisode vous avait convaincu, celui-ci vous confirmera votre attachement à la série. Sinon, cette autre façon d’aborder le conflit entre Jésus et Hitler (car on se doute qu’il finira par faire son apparition), respectant malgré ses délires l’esprit des récits lovecraftiens (dont Neil est un grand fan), pourra vous accrocher. Surtout que dans mon souvenir (lu en octobre dernier, ça commence à dater), il y avait un peu moins de passages nawak dans cet épisode-ci.

Bref, on continue à en redemander et ça tombe bien parce que…

Épisode 3 : Heil Yéti !

jesus-contre-hitler-03Le Tibet est une terre pleine de mystères et Lhassa — sa capitale — une ville qui renferme de lourds secrets. Et c’est un véritable nid de vipères qui attend John J. Christ et David Goldstein à leur arrivée: il leur faudra aussi bien composer avec les troupes chinoises qu’avec des créatures beaucoup plus coriaces… et poilues! Car ici, au pied des imposantes montagnes de l’Himalaya, le Yéti n’est pas qu’une vieille légende servie aux touristes en mal de sensations fortes.

Le troisième épisode des aventures de John J. Christ et David Goldstein entraîne nos héros sur les traces d’une conspiration ésotérique dont les conséquences pourraient bien être catastrophiques. Et il va de soi que lorsqu’il est question d’Apocalypse, Adolf Hitler n’est jamais loin. Les deux hommes d’action de l’Agence B devront déjouer tous les pièges tendus, éviter les embûches et les cadavres, jusqu’au final à couper le souffle!

Nouvelle Apocalypse en vue ! Et cette fois-ci, c’est au Tibet que John et David vont devoir se rendre. La série ne fait que se bonifier au fil des épisodes (même si comme dit plus haut, je garde ma préférence pour Tentacules en folie) et celui-ci montre une meilleure maîtrise encore du récit. On se rapproche dans l’esprit d’un bon vieux Indiana Jones (un mix entre les Aventuriers de l’Arche Perdue – la partie au Népal – et le Temple Maudit), à la sauce Neil Jomunsi. Là encore, j’ai senti une sorte d’hommage à ces films d’aventure fantastique derrière le texte, sans pour autant sombrer dans le pastiche, loin de là.

L’humour reste naturellement omniprésent, certaines rencontres étant destinées à devenir culte ! Et la présentation de l’éditeur ne nous ment pas en annonçant un “final à couper le souffle”. Il l’est littéralement. Un sacré final, qui nous fait attendre la seconde saison avec une impatience non feinte.

Au bilan, une série comme on aimerait en voir plus souvent, mêlant pulp et série B, hyper référencée, un pur moment de bonheur geek. De quoi se détendre, tonifier ses zygomatiques et cesser de réfléchir le temps d’une lecture, en se laissant porter par les aventures épiques des deux agents de l’Agence B !

Comment, vous n’êtes pas déjà en train de télécharger le premier épisode gratuit ?

En ce vendredi plein de Follow Friday sur Twitter, je vous invite à suivre Neil Jomunsi /@NeilJomunsi et Walrus /@studiowalrus qui publie cette série géniale.

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La Dernière Terre, tome 1 : L’enfant meredhian ~ Magali Villeneuve

Le vendredi, sur les réseaux sociaux, c’est le jour de VendrediLecture, excellente initiative vous proposant de gagner des livres en partageant vos lectures. Alors quel meilleur jour dans la semaine pour vous parler de mes dernières lectures (pas toujours les plus récentes) ?

Pour cette troisième édition, revenons à nos premières amours : la Fantasy, avec ce premier roman de Magali Villeneuve (oui oui, la même Mag que celle qui a réalisé la couverture de Par-delà l’océan), début d’une saga en six tomes publiée par Les Éditions de L’Homme Sans Nom : La Dernière Terre.

La Dernière Terre, tome 1 : L’enfant merehdian ~ Magali Villeneuve

LaDerniereTerre_Tome1_EnfantMerehdianUn monumental ruban de pierre se dresse en sentinelle au bord des brumes éternelles.

Les hommes leur ont donné un nom : la Dernière Terre.

Dans la cité-capitale des Cinq Territoires, Cahir, jeune homme frêle, maladif, aux mœurs et aux allures bien éloignées des codes stricts qui font loi autour de lui, subsiste envers et contre la réprobation générale. Il est issu des Giddires, un peuple rejeté, au ban de la paix politique qui unit les autres contrées. Malgré cela, entre intelligence et ingénuité, il parvient à se rapprocher de certains locaux, dont Ghent, fils du Haut-Capitaine à la tête des forces militaires des Basses-Terres.

Au fil de ces jours paisibles, s’il advenait un événement capable de bouleverser tous les dogmes établis, quel poids l’existence de Cahir aurait-elle dans la balance des certitudes ?

Ce premier roman est le fruit d’une longue gestation à deux têtes, celle de Magali Villeneuve, qui prend la plume, et d’Alexandre Dainche, son complice de toujours. L’idée leur vient en 2002 et en 2007, alors que le premier tome est presque bouclé, ils lancent le blog du projet LDT, qui tiendra en haleine durant de longs mois leurs fans de toujours (dont je fais partie, ne nous le cachons pas). C’est d’ailleurs sur ce blog que vous pourrez retrouver toute la gestation de ce projet, de sa révélation (au Jour 1 du blog) à son édition à l’automne 2012.

Vous me direz, qu’en as-tu pensé après toute cette attente ?

Eh bien, pas la peine de faire durer le suspense, j’ai beaucoup aimé. C’est un premier tome d’exposition, qui permet de faire connaissance avec les divers protagonistes, la plupart en interaction, mais pas tous. Le ton est relativement posé et nous met face à un récit de fantasy loin des déluges pyrotechniques et de l’action sans répit.

Ici, l’humain et le lien relationnel (amical, familial) sont au centre des attentions. Nous sommes loin du classique roman où plane une menace d’invasion ou de retour d’un grand méchant que l’on pensait emprisonné à jamais. L’auteur se focalise sur l’échange et le ressenti des personnages, reléguant l’action à de brefs moments (parfois lourds de conséquences néanmoins). Le récit prend son temps, le rythme se retrouve parfois volontairement cassé quand il commence à s’emballer, et n’hésite pas à se faire introspectif quand les faits le nécessitent. Les protagonistes sont bien approfondis, même les Agrevins malgré leur personnalité relativement monolithique. Le style très enlevé de Magali nous y plonge sans difficulté. Je connaissais la précision de son trait, c’est désormais celle de sa plume qui se révèle.

Point de magie ou d’oreilles pointues non plus. L’univers est pour le moment très réaliste. Le Rempart fait inévitablement penser au Mur du Trône de Fer, même si ici les habitants se plaisent à penser qu’il n’y a rien que la brume au-delà. Mais on ne nous la fait pas, hein ! On se doute bien que s’il existe et s’il y a des Arpenteurs qui parcourent son chemin de ronde jour et nuit, c’est qu’il y a une menace encore inconnue de l’autre côté. C’est un des points qui m’a intrigué que d’apprendre par la suite ce qui se cache dans ces brumes… Les descriptions sont finement ciselées, d’une grande précision, mais sans lourdeur. Très agréable à lire.

Il en résulte un bon premier tome, où l’on rencontre des personnages attachants que l’on a hâte de retrouver par la suite (ça tombe bien, le second tome, Des Certitudes, est prévu pour début avril). De nouveaux enjeux devraient se révéler, certains ayant déjà été effleurés au cours de ce premier volume.

À noter que le premier tirage de L’enfant merehdian est accompagné d’un livret de 16 pages d’illustrations inédites, Visions de la Dernière Terre, on l’on retrouve plusieurs artistes de renommée internationale comme Cent Alantar, David Gilson ou Marc Simonetti par exemple, ainsi que des réalisations de Magali et Alexandre. Alors si le roman vous intéresse, ne tardez pas trop à l’acquérir ! Des Certitudes connaitra ce même privilège et même plus puisqu’il sera préfacé par John Howe, himself, rien que ça !

Et en ce vendredi plein de Follow Friday sur Twitter, je vous invite à suivre Magali Villeneuve / @Cathaoir1, Alexandre Dainche / @alexandreD23, le compte officiel de la saga @LaDerniereTerre et l’éditeur, l’Homme Sans Nom, avec un catalogue à découvrir sans tarder / @editionshsn.

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Trois lectures 100% numériques

Le vendredi, sur les réseaux sociaux, c’est le jour de VendrediLecture, excellente initiative vous proposant de gagner des livres en partageant vos lectures. Alors quel meilleur jour dans la semaine pour vous parler de mes dernières lectures (pas toujours les plus récentes) ?

Pour cette deuxième édition, ce sera du 100% numérique avec du légendaire, du bébé zombie et encore du zombie (mais pas que…).

Mélanie au Crépuscule ~ Sozuka Sun

melanie-au-crepuscule-sozuka-sunLa vie n’est pas facile pour Mélanie.

Pourtant, celle de la petite Crépuscule est pire : bannie du Jardin des Dieux à cause d’une sombre prophétie.

Mais quand deux destins contrariés s’entrechoquent, il en ressort parfois quelques éclats de talent !

Voici ma première lecture de Sozuka Sun, sympathique auteur de SFFF rencontré sur Twitter.

Cette nouvelle, l’auteur me l’a gentiment offerte. Ceci étant posé, je peux vous donner mon avis en toute sincérité.

J’ai bien aimé ce texte, qui mêle deux récits qui finissent par fusionner : celui de Mélanie, jeune femme souffrant de diabète et qui ne parvient pas à reprendre son corps en main, et celui de Crépuscule, exclue par les siens car une prophétie la désignait comme source de malheur pour le Jardin des Dieux. Cette partie de la nouvelle est d’ailleurs celle qui m’a le plus convaincu, elle qui est déclamée à la façon des textes mythologiques.

Une lecture agréable (avec cette conclusion !) qui me donne envie de découvrir davantage la plume de son auteur avec les autres nouvelles qu’il a publiées.

Moi Bobby Bébé Zombie ~ Neil Jomunsi

moi-booby-bebe-zombieLe petit Bobby est un bébé tout ce qu’il y a de plus bête: rien ne le prédestinait à devenir une légende.

Pourtant, terrassé par la piqure d’un moustique mutant, le voilà devenu le premier bébé zombie de l’Histoire !

Avec Papa d’abord, puis avec Maman, l’épidémie s’étend… et si la petite famille allait déjeuner en ville ?

Je savais déjà que Neil Jomunsi était un grand malade, mais là il fallait oser. Raconter une histoire construite comme un album illustré pour enfant, mais nous relatant une épidémie à la mode zombie. Je regretterais essentiellement la brièveté de l’ensemble avec seulement 22 pages en mode album illustré, donc peu de texte.

J’ai bien aimé le concept. L’ensemble s’il est sympathique, presque mignon dans cette originale vision du récit de zombie, manque quand même de contenu et est à prendre pour ce qu’il est : une expérience littéraire qui pourrait ne pas vous laisser indifférent. Malgré tout, appréciant le talent et la créativité de Neil (il faudra vraiment que je vous parle de son Jésus contre Hitler lors d’un prochain numéro des Lectures), je reste un peu sur ma faim…

Toxic – Épisode 1 : Homo-putridus ~ Stéphane Désienne

9782363761880Si seulement les morts-vivants avaient été le seul problème de l’humanité… La race humaine tente vaille que vaille de survivre au sein de poches de résistance dispersées. La Terre n’est plus qu’un vaste champ de ruines aux ressources de plus en plus rares. Pour en arriver à un tel cauchemar, notre monde aura dû affronter deux fléaux: un virus inconnu et dévastateur a d’abord décimé la population — la transformant en hordes de zombies — puis débarquèrent des étoiles ceux qui auraient pu être les sauveurs : une armada extra-terrestre. Hélas, pour ces aliens, les hommes ne sont que du bétail dont la chair est un mets des plus appréciés outre-espace… à condition qu’ils ne soient pas contaminés! Car transformés en morts-vivants, les humains n’ont plus aucune valeur. Depuis son Q.G. de Dubaï, Naakrit dirige les opérations qui feront de lui un alien riche : collecter des humains sains et en gérer l’exportation pour ses clients. Mais avant d’amasser sa fortune, il devra composer avec deux problèmes épineux: Jave, un émissaire venu surveiller son activité, et la prolifération du virus zombie qui menace ses capacités d’approvisionnement. Pendant ce temps, un groupe d’humains cherche à échapper aux zombies et aux extraterrestres. Bien malgré elle, Elaine, une infirmière au caractère bien trempée, endosse le rôle de meneur. Autour d’elle, des hommes et des femmes perdus dans un monde sans repère: Masters est un colonel de l’armée US, Alva une ex-starlette. Bruce est étudiant en biologie, et Hector un ancien dealer colombien tout juste sorti de prison. Et puis, il y a Dew. Un adolescent muet — peut-être autiste — dont personne ne sait rien. Tous sont bien décidés à reprendre le destin de leur planète en mains. Mais quel espoir peut bien guider ceux qui survivent au milieu de cet enfer ?

Wahou ! Quel pitch !

Ce premier épisode signe une bien bonne entrée en matière. J’ai beaucoup aimé la partie SF et ses potentiels enjeux. La gestion des aliens et du problème plus qu’épineux que constitue la contamination des humains est excellente, et présage du meilleur pour la suite de la série !

La partie survival-horror, si elle reste sympathique à lire, m’a moins entrainé. Au moment de lire ct épisode, j’étais un peu novice sur ce type de récit et j’avais l’impression de lire des scènes “classiques” du genre.

Avec le recul (et quelques épisodes de The Walking Dead dans les mirettes), je nuance un peu. Certaines scènes sont vraiment chouettes a posteriori car sortent un peu de l’ordinaire finalement. J’attends néanmoins plus à ce niveau pour la suite (mais je suis persuadé que l’auteur nous prépare de belles surprises en la matière). Après tout c’est un épisode d’exposition.

À noter : ce premier épisode est gratuit dans toues les librairies numériques ! Alors n’hésitez pas à découvrir. L’épisode 2 est déjà paru et attend dans ma tablette que je trouve le temps de le lire. J’entends gratter et grogner à chaque fois que je passe à proximité d’elle…

Et en ce vendredi plein de Follow Friday sur Twitter, je vous invite à suivre les auteurs de ces textes : Sozuka Sun / @sozukasun ; Neil Jomunsi /@NeilJomunsi et Stéphane Désienne / @DesienneAuteur, ainsi que Walrus /@studiowalrus qui publie Neil et Stéphane.

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Les enquêtes d’Ockham Stryker – 1 : La Tour Folkstrom

Les enquêtes d'Ockham Stryker - Tome 1 : La Tour FolkstromC’est la nouvelle série de Jeff Balek ! Publiée aux éditions Onlit, éditeur belge 100% numérique, qui propose des ebooks sans DRM. 🙂

Son accroche ?

Yumington 1887. Accro aux feuilles à mâcher, scientiste convaincu, excentrique à l’occasion, le jeune Ockham Stryker vient d’être libéré de ses obligations militaires après avoir parcouru les mers de l’Empire. Il rentre à Yumington pour prendre ses nouvelles fonctions d’adjoint au chef de la police. À peine débarqué, un gamin de rue lui vole son portefeuille. Cet incident anodin le met sur la piste de l’un des plus étranges complots qu’a connu la ville de Yumington.

Nous voici donc de retour à Yumington, le décor de la série testostéronée à succès, Le Waldgänger, déjà chroniquée et largement appréciée par votre serviteur. Cette fois-ci, retour dans le passé de la ville, dans un univers steampunk tout à fait réjouissant. On y suit donc Ockham Stryker, enquêteur nouvellement revenu des Indes.

Le style de Jeff Balek est toujours aussi agréable à lire, même si ce récit se prête à moins de percussion qu’un Waldgänger. Ce qui ne veut pas dire que le texte est ennuyeux, mais il faut reconnaître que le style est moins dynamique, moins efficace globalement, notamment dans la première partie du récit. Après tout, comme il s’agit une enquête, c’est tout à fait normal.

Dans la seconde moitié du récit, les choses s’accélèrent pour notre plus grand plaisir, avant l’apothéose finale. Le Yumington version steampunk est un superbe cadre, et les personnages attachants qui nous sont présentés ici donnent envie de suivre leur prochaines enquêtes dans ce décor de toute beauté.

A noter, Jeff Balek continuant à donner une dimension transmedia à son oeuvre prenant pour cadre Yumington, l’existence d’un site associé aux enquêtes d’Ockham Stryker, permettant d’explorer plus avant l’univers de la série (des liens vers des compléments ponctuent chaque fin de chapitre d’ailleurs).

Au final, un joli 16/20 sur Livraddict.

Alain Damasio, sa Horde du Contrevent et ma Larme Noire

La Horde du Contrevent - Alain DamasioCette lecture entre dans la liste des 10 livres que je voulais lire cet été.

Pour l’occasion, j’ai envie de reprendre le principe de la chronique de lecture/papier sur l’inspiration que j’avais déjà employé suite à mes lectures de la Compagnie Noire (ici et ).

La Horde du Contrevent, par Alain Damasio, édité par La Volte, en poche chez Folio SF. À noter au passage cette excellente nouvelle : la version numérique, sans DRM, est également disponible.

L’accroche :

Imaginez une Terre poncée, avec en son centre une bande de cinq mille kilomètres de large et sur ses franges un miroir de glace à peine rayable, inhabité. Imaginez qu’un vent féroce en rince la surface. Que les villages qui s’y sont accrochés, avec leurs maisons en goutte d’eau, les chars à voile qui la strient, les airpailleurs debout en plein flot, tous résistent. Imaginez qu’en Extrême-Aval ait été formé un bloc d’élite d’une vingtaine d’enfants aptes à remonter au cran, rafale en gueule, leur vie durant, le vent jusqu’à sa source, à ce jour jamais atteinte : l’Extrême-Amont. Mon nom est Sov Strochnis, scribe. Mon nom est Caracole le troubadour et Oroshi Melicerte, aéromaître. Je m’appelle aussi Golgoth, traceur de la Horde, Arval l’éclaireur et parfois même Larco lorsque je braconne l’azur à la cage volante. Ensemble, nous formons la Horde du Contrevent. Il en a existé trente-trois en huit siècles, toutes infructueuses. Je vous parle au nom de la trente-quatrième : sans doute l’ultime.

Lecture coup de poing, lecture coup de cœur. Un petit bijou stylistique, philosophique, poétique, d’un cynisme formidable. Je pourrais m’extasier pendant des dizaines de ligne sur ce roman formidable, auquel on pourrait pourtant rester réfractaire. La mise en place pourrait sembler laborieuse, entrer dans ce récit alternant les points de vue n’étant pas si aisé. Le temps de se caler, de bien cerner qui est qui, et ce n’est plus que du plaisir !

Ça tombe bien d’ailleurs car c’est quand on arrive à s’habituer à cette narration si particulière, que l’on commence à saisir le background sur lequel s’appuie le récit, que les évènements deviennent palpitants. Autant dire une excellente gestion du rythme, l’exposition s’étalant juste sur la longueur nécessaire.

La quête de la Horde est un bras de fer surhumain contre une nature hostile, face à ce vent qui ne tombe jamais et brise les hommes. Un voyage initiatique jusqu’aux confins du monde. Les 23 membres de cette Horde remontent à la force du corps, plus souvent encore au mental, affrontant les éléments avec un courage proche de la folie. Avec cette question qui devient de plus en plus prégnante au fil de leur progression vers l’Extrême-Amont : et si tout cela était vain ? La réponse… je vous laisse la découvrir par vous-même.

Qu’est-ce que j’en tire pour ma Larme Noire ?

C’est l’occasion d’évoquer ce qui est pour moi la vraie grosse claque stylistique d’Alain Damasio dans ce roman : la narration par points de vue multiples. Au sein de chaque chapitre alternent les focalisations internes. Certes, Sov est le personnage qui est le plus présent à ce niveau, normal en tant que scribe de la Horde. Mais il n’est pas le seul à nous conter cette quête. Une bonne partie des 23 membres de la 34e prendront la parole au fil du roman. Et c’est là que je suis tout bonnement impressionné. Les 23 membres, sans exception, parviennent à exister pleinement par ce choix narratif.

Parce que soyons honnête, certains hordiers n’apparaîtraient pas pendant toute une partie du récit (je pense à Coriolis, Callirohé ou Aoi par exemple). Mais à travers le regard de leurs compagnons, à travers leurs propres prises de paroles à un temps du récit, l’intégralité de la Horde est présente à chaque instant devant nos yeux. Il est là le tour de force du roman ! Chaque hordier est clairement caractérisé. Et voir ce monstre de Golgoth par les yeux de ses ouailles le rend encore plus impressionnant.

C’est pour ça que ce roman est une pure leçon stylistique. Parce qu’il me confirme dans ma volonté d’explorer pour La Larme Noire une piste qui me trottait dans la tête depuis plusieurs mois, sans oser m’en approcher. Deux défauts collent au texte pour le moment :

  • une caractérisation trop forte des personnages les plus « forts » (Baldwulf et Brytwin) au détriment des autres (Hildor et Deorman essentiellement).
  • des changements de point de vue multiples, toujours en focalisation externe, qui pourraient perdre le lecteur en cours de route.

Ici, Alain Damasio m’a montré avec maestria que c’est une piste sérieuse à suivre. J’avais déjà apprécié ce format de narration dans Neuvième Cercle, le premier roman de Fabrice Colin, et là je l’ai redécouvert. Avec l’envie plus forte que jamais de voir si ma série peut encore gagner en dynamisme et en puissance en bouleversant sa narration. Surtout que les focalisations multiples, je l’ai dit, sont déjà une base de la narration depuis le début dans La Larme Noire (avec certains passages dont je ne suis pas peu fier niveau choix du point de vue). Mais le choix d’une focalisation externe était-il le bon ?

Le soucis, c’est le format série. Je m’explique. Est-ce que pour le lecteur, il n’y aura pas de soucis à se retrouver embarqué dans un récit de 6 épisodes (voir plus si je me lance complètement dans cette réécriture de la réécriture), représentant chacun 45 minutes de temps de lecture, alternant les focalisations sur de courts chapitres ? D’autant plus que les épisodes seraient certainement publiés à un rythme hebdomadaire ? N’est-ce pas compliquer les choses inutilement de ma part ? Est-ce une perte de temps que de me lancer dans un travail aussi laborieux qu’une refonte complète du système narratif ?

En fin de compte, que reste-t-il de cette lecture ?

Ces questions, je me les posais vaguement avant de lire La Horde du Contrevent. Ce roman me marquera de façon indélébile par sa qualité, par la force de son récit, par son cynisme de plus en plus présent, mais également pour les questionnements qu’il a soulevé, que ce soit ceux liés au vécu des hordiers au fil de leur éveil aux dernières formes du vent, mais également ceux liés au processus d’écriture dans lequel je suis actuellement.

Désormais, ces questions de choix de la focalisation m’accaparent quand il s’agit de repenser La Larme Noire. Je ne me les pose plus seulement en toile de fond. Et je vous les pose à vous aussi, amis lecteurs et auteurs.

Avez-vous été convaincus par cette forme de narration (que ce soit dans la Horde ou dans un autre roman) ? Pensez-vous que ce soit compatible avec un format feuilleton, et en numérique ?

Et si vous écrivez, avez-vous tenté cette expérience ? À quels écueils vous êtes vous heurtés en cours d’écriture ?