Antarktos ~ Paul Adrien Jellsen

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1958.

La Seconde Guerre Mondiale est terminée depuis sept ans et le Reich ne s’est écroulé qu’au prix d’une guerre nucléaire et bactériologique dévastatrice. Le monde vit maintenant dans une paix relative, mais tendue. Depuis deux ans, d’étranges engins volants de forme circulaire ont été aperçus du ciel de l’Ouest américain jusqu’au Pôle Sud. Personne ne connait l’origine de ces soucoupes volantes mais l’on redoute qu’une résistance nazie ait pu survivre à l’abri des regards. Une expédition est alors dépêchée en Antarctique pour découvrir la vérité dissimulée derrière ces étranges appareils.

Vous incarnez un ancien pilote de bombardier nucléaire en poste en Antarctique. Engagé dans une aventure qui vous dépasse, vous allez explorer les tréfonds d’une base mystérieuse prise dans les glaces du Pôle, peuplée de menaces terrifiantes et innommables.

Parviendrez-vous à sauver vos compagnons d’infortune et à fuir cet enfer blanc ?

Après la déception confirmée par la relecture du LDVELH Le Vaisseau du Temps, je me suis replongé dans cette autre production de Walrus que j’avais bien aimée à ma première lecture, mais que je n’avais pas trouvé le temps de chroniquer ensuite. Il est donc grand temps de m’y mettre, surtout que je viens de le relire.

D’emblée, l’introduction peut se dérouler de deux façons différentes. Autant dire que la sensation de liberté est tout de suite présente. On arrive dans les deux cas au même point, mais en n’ayant pas fait les mêmes rencontres. Une fois notre bonne vieille Martha décollée, bien sûr, les ennuis vont commencer.

Par la suite, on a la possibilité de se comporter courageusement et d’avancer toujours plus loin dans l’aventure, mais on peut également choisir d’être le pire des couards et aboutir à des fins non mortelles vantant notre ô combien pitoyable attitude. L’une des celles-ci m’a d’ailleurs bien fait rire puisque l’auteur nous propose soit d’accepter cette fin pitoyable et de refermer le livre, soit de reprendre à un point qu’il a choisi. Car l’auteur a pensé à placer deux ou trois « points de sauvegarde » permettant de ne pas reprendre l’aventure depuis son tout début. Très bonne idée de sa part puisqu’il y a des paragraphes par lesquels on passera forcément à un moment donné.

Quand nous sommes dans la mystérieuse base, j’ai été sincèrement surpris car là aussi les chemins sont multiples pour explorer ce donjon moderne. Car c’est un peu de cela qu’il s’agit. Mourir criblé de balles, reprendre au moment de l’arrivée à la base, choisir un chemin alternatif, se terrer, fuir, errer, progresser sur une voie totalement différente pour retrouver un des moments déjà vécu lors d’un trajet totalement autre est grisant je trouve. Les pièges sont nombreux, les surprises également. Plusieurs scènes m’étaient restées en mémoire et les revivre m’a fait penser « Ah oui, c’était dans lui cette scène-là ! ». Celle de ma cuisine par exemple. La dernière partie de l’exploration est vraiment excellente, avec une ambiance horrifique bien rendue.

Le style est efficace et l’auteur n’hésite pas à user du second degré pour se moquer gentiment de nous dans certaines situations (les fins pitoyables en sont un bon exemple).

Un léger bémol cependant car si on trouve des petites illustrations dans le corps de certains paragraphes, elles ne sont pas assez nombreuses à mon goût et il manque des illustrations pleines pages pour parfaire l’immersion déjà très réussies. Quand je vois le résultat dans Plongée sur R’lyeh, je me dis que ça en vaut vraiment la peine.

J’ai passé un excellent moment à rejouer cette aventure, qui propose une bonne rejouabilité, ce qui accroît aussi bien le plaisir de jeu-lecture que la durée de vie de ce LDVELH. En prime, il se termine d’une façon qui laisse penser qu’il y aura une suite. Je serai de ceux qui la joueront !

Verdict : Difficulté 13/20 (plusieurs situations mortelles, mais avec un peu de jugeote on peut les éviter) et Intérêt : 16/20 (notamment pour le final !).

Antarktos par Paul Adrien Jellsen, chez Walrus

4,99€ et sans DRM dans toutes les bonnes librairies numériques

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Le Vaisseau du Temps ~ Cyril Amourette

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Dans « Le Vaisseau du temps », vous incarnez le major Briggs, envoyé avec une équipe de secours sur l’ISS Leviathan. Ce gigantesque vaisseau, en orbite stationnaire autour de la Terre depuis son retour de mission, ne donne plus signe de vie: l’équipage semble s’être évanoui, et la radio ne donne plus aucune nouvelle. Il va vous falloir, à la tête de l’expédition internationale en charge de l’exploration du vaisseau, percer cet inquiétant mystère. Mais la mission ne se passera pas exactement comme vous l’aviez souhaité, et ce que vous allez découvrir à l’intérieur de cette cathédrale flottante risque de remettre en cause vos certitudes militaires… et celles de l’humanité toute entière.

Le Vaisseau du Temps a été mon troisième LDVELH de chez Walrus, c’est aussi le troisième qui avait été publié par cette excellente maison d’édition 100% numérique. Du coup ça peut sembler étrange d’en parler seulement maintenant, alors que je l’ai acheté en mai 2012 très peu de temps après sa sortie. À l’époque, je me suis jeté dessus à peine téléchargé (je m’en souviens encore, je l’avais lu-joué sur mon smartphone) et j’ai fait quelques tentatives non couronnées de succès, l’impression de ne pas avancer, de tourner en rond pour trouver ce foutu élévateur que je ne trouvai jamais. Le tout accompagné d’une sensation de peu de liberté. J’avais vite (trop vite ?) abandonné à ce moment, très vite refroidi.

Il faut dire que je sortais à l’époque de Dead Space 2 et que je m’attendais à retrouver l’ambiance survival horror du jeu. Et qu’il n’en était rien pour ce que j’avais pu voir.

Et puis, il y a eu cette volonté croissante depuis bientôt un an d’écrire un LDVELH, couplée à ma “redécouverte” estivale du genre. Du coup, je reprends aussi les LDVELH numériques que j’ai achetés chez Walrus. Je m’étais bien amusé à refaire quelques uns des nombreux chemins possibles de Menu Cthulhu. Je m’apprête d’ici peu à me perdre une fois de plus dans le dédale de La Bibliothèque Infernale et à retenter une Plongée sur R’lyeh. Autant d’excellentes expériences qui ont contribué à relancer mon intérêt pour les récits interactifs. Mais il y avait ce Vaisseau du Temps qui me regardait toujours d’un drôle d’air malheureux dans son coin. Alors je lui ai redonné sa chance et me suis rendu de nouveau dans les entrailles de l’ISS Léviathan.

Donc m’y revoilà. Même début linéaire, ne proposant pas beaucoup d’originalité et ne se révélant pas très palpitant. Retour au passage où il faut trouver ce fichu élévateur… Plus attentif que lors de ma lecture passée, je me suis vite dépêtré de ce mini labyrinthe pour trouver l’accès aux autres étages.

Là, ça commence à devenir plus intéressant car une ambiance commence à se mettre en place. L’ISS Léviathan commence à se révéler comme un lieu mystérieux et on commence à se prendre à l’histoire. Vraiment. Me voilà heureux d’avoir redonné sa chance à cette aventure. Mais très vite, les défauts reprennent le dessus et nous font même oublier les bons passages de l’aventure (pourtant je suis sûr qu’il y en a eu, mais qui ont été remplacés dans ma mémoire par les aspects négatifs).

L’aventure est excessivement linéaire. Lorsque des choix multiples sont proposés au lecteur-joueur, soit il s’agit de choisir (je caricature à peine) entre aller à droite ou à gauche, soit les paragraphes nous permettent d’explorer tous les choix. La notion même de choix perd alors tout sens. Pire encore, il n’est pas rare d’enchainer une dizaine de paragraphes sans que le récit nous offre la moindre alternative. La descente du puits est un modèle du genre… terriblement frustrant. Je ne parle même pas du paragraphe 201 qui se réduit à “…allez au 175”, le dit paragraphe 175 nous offrant un laconique “…allez au 60”. Ok c’est pour faire un effet de suspense ici, mais après les innombrables sessions où l’on demeure sur des rails, ça tombe à l’eau.

Et il reste un aspect qui tue totalement le principe même du LDVELH : la fin. Là encore, l’intention de l’auteur (même si elle est hyper téléphonée) est louable, mais dans tout LDVELH (en tout cas je n’en ai pas encore rencontré qui déroge à la règle), on atteint nécessairement, au pire, une meilleure fin possible (comme dans Menu Cthulhu où l’on meurt forcément, mais une des fins permet quand même de sauver l’humanité en retour). Là, rien de tout ça. Il n’y a aucun paragraphe de fin (j’ai vérifié). Frustrant.

Dernière critique : il n’y a aucune illustration. C’est très dommageable à l’immersion. Je pense que certains passages auraient été plus marquant en étant illustrés. Quand j’ouvre un de mes vieux LDVELH après quinze ans, les illustrations me sautent aux yeux et m’arrachent un sourire ému accompagné d’un “Ah ! Mais oui. Je m’en rappelle.” des plus nostalgiques. Les illustrations sont partie intégrante des LDVELH. Leur absence est perturbante.

Pourtant, il y a de bonnes idées dans ce LDVELH, je ne le nie pas. Le découpage en chapitres qui peuvent s’apparenter à autant de niveau que le lecteur-joueur va devoir franchir est bien pensé. Il apporte la possibilité notable que lorsque l’on meurt dans un chapitre, le “allez au” renvoie au début de ce chapitre et pas au début de l’aventure. C’est tout à fait appréciable, surtout qu’ici il n’y a pas d’équipement, pas d’information utile pour la suite, juste l’exploration du Vaisseau et la découverte strate après strate des évènements qui l’ont conduit jusqu’à l’orbite terrestre.

Les flashbacks du personnage que l’on incarne étoffent celui-ci ainsi qu’une partie du background de l’histoire terrestre. C’est plaisant car ces aspects sont généralement peu exploités dans les LDVELH.

Et puis la nature même de l’ISS Léviathan et de son hôte laissait entrevoir de si formidables possibilités mais, comme pour ma lecture de L’Homme au Cheval de Brume, je trouve que le traitement choisi pour l’intrigue se serait prêté davantage à un récit classique et non interactif. Il y avait du potentiel, mais les idées (elles sont pourtant bien là, j’insiste là-dessus) sont trop vite exploitées et ne laissent pas de place à l’interactivité.

Tout ceci me faisant clairement prendre conscience de la difficulté de l’exercice consistant à écrire un LDVELH…

Verdict : Difficulté : 10/20 (la principale difficulté étant de ne pas décrocher du récit…) et Intérêt : 6/20 (j’espère néanmoins que Cyril Amourette nous proposera d’autres aventures, j’ai vu qu’un univers de sa création avait été récompensé par une publication dans Casus Belli n°6, un bon cadre pour un futur LDVELH ?).

La Folie des LDVELH

Je l’évoquais il y a quelques jours, un vent de folie s’est abattu sur moi cet été. Son nom tient en quelques lettres, quelques mots. LDVELH. Livres dont VOUS Êtes le Héros.

Tout est parti d’une envie simple : lire la série Sorcellerie !, écrite par Steve Jackson l’un des papas de ces livres-jeu et considérée comme l’une des toutes meilleures publiées.

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Je possédais déjà les 2 premiers tomes, me manquaient les 2 suivants. Le 4e, La Couronne des Rois, je l’ai trouvé début juillet dans une bouquinerie.

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Restait donc à trouver l’unique tome me manquant. Là je me dis : « Pourquoi ne pas regarder sur le Bon Coin ? ». Hop, ni une, ni deux, je me rends au 235 et tape LDVELH. Et bam. Plusieurs dizaines de réponses. Je trouve Les Sept Serpents, passe la commande et me prépare à attaquer les deux premiers Sorcellerie !

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Mais la graine était plantée. On se sépare de ses LDVELH et on les met en vente sur Internet. Et pire encore, la simple lecture des règles des Collines Maléfiques réveille subitement ce qui m’a scotché gamin/ado sur ma petite dizaine de LDVELH de l’époque, plus ceux prêtés par les copains. Et pour couronner le tout, voilà que se profile l’annuelle Nuit du Livre de Bécherel, que je suis à seulement une heure et demie de route de là-bas à ce moment-là. Donc… j’y vais avec un but en tête : trouver ces petits livres à la tranche reconnaissable entre toutes.

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Une vingtaine de librairies d’occasions (et oui c’est ça la magie de Bécherel, outre son aspect de village de charme à ne pas rater), je contemple mon butin. 11 livres, en me restreignant pour ne pas en prendre davantage.

J’en trouve deux autres le lendemain, puis 8 les deux jours suivants. Tout ça en me concentrant sur certaines séries seulement (faudra que je fasse un article séparé pour parler de certaines de ces séries d’ailleurs et de pourquoi je veux les lire). Certes, c’est aussi pour de la documentation et me replonger dedans avant d’en écrire, mais je pense que c’est le réveil d’une vieille passion restée latente et secouée dans son sommeil par les parutions de Walrus.

Et donc, voilà où j’en suis. L’envie d’écrire un/des LDVELH est plus forte que jamais, celle d’en lire également. J’ai déjà matière à faire, et d’autres arriveront sous peu, grâce aux généreux dons de ceux qui ont suivi la montée progressive de cette folie au cours de l’été. Merci à eux.

En toute logique, attendez-vous à beaucoup entendre parler de ces lectures dans les semaines et mois à venir !

Plongée sur R’lyeh ~ Loïc Richard

Le vendredi, sur les réseaux sociaux, c’est le jour de VendrediLecture, excellente initiative vous proposant de gagner des livres en partageant vos lectures. Alors quel meilleur jour dans la semaine pour vous parler de mes dernières lectures (pas forcément les plus récentes) ? N’hésitez pas à partager la vôtre sur Twitter ou Facebook.

Pour cette première édition, ce sera justement ma toute dernière lecture, un Livre Dont Vous Êtes le Héros de Loïc Richard qui parait aujourd’hui ! Prenez votre souffle, affutez votre Santé Mentale et préparez-vous pour une…

Plongée sur R’lyeh ~ Loïc Richard

Le pitch ?

Mars 1938.

L’Allemagne est sur le pied de guerre et l’Europe à l’aube d’un embrasement fatal. Malheureusement pour le lieutenant Dieter Neuer — allemand certes, mais sûrement pas nazi — cette situation critique est sur le point d’empirer lorsqu’il apprend qu’il est affecté à une mission d’exploration qui semble particulièrement tenir à coeur au Führer : un voyage en plein Pacifique à bord d’un sous-marin ultra-perfectionné spécialement affrété pour l’occasion, navigant vers l’inconnu à la recherche de… à la recherche de quoi, déjà? Les instructions sont claires: la mission est top secrète.

Mais si Neuer en sait un peu plus que nous, c’est aussi et surtout parce qu’il est une taupe, agissant au sein de l’armée allemande pour le compte des Veilleurs, une organisation ésotérique chargée de maintenir la paix sur le globe. L’ambition d’Hitler est claire : grâce à ses chercheurs déments, le dictateur sanguinaire a découvert l’emplacement de la mystérieuse et terrifiante cité sous-marine de R’Lyeh. Oui, vous avez bien lu : là où sommeille le puissant Cthulhu. S’il venait à le réveiller, ce serait alors l’Apocalypse assurée.

Alors? Prêt à relever le défi ? Car « Plongée sur R’Lyeh » est un Livre dont vous êtes le Héros dans lequel vous incarnerez le lieutenant Dieter Neuer. À vous de faire les bons choix, d’agir en toute discrétion, et surtout de faire de votre mieux pour qu’Hitler ne relâche pas le monstre légendaire de sa prison aquatique !

Ce nouveau titre publié par Walrus dans la Collection Rendez-vous au 14, j’ai eu la chance de pouvoir le lire en avant-première (merci Loïc), alors je vais pouvoir vous donner dès à présent mon ressenti le concernant.

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D’entrée, la couverture nous plonge dans l’ambiance. Superbe réalisation de Yann Eacone, elle ne laisse pas planer le doute sur ce qui nous attend une fois franchie. Le talent de l’illustrateur nous accompagnera au fil du récit, ainsi que des illustrations de Loïc Richard himself.

Les premiers chapitres de l’aventure sont un modèle du genre. Ils permettent d’introduire de nombreux éléments permettant de faire connaissance progressivement avec le héros que l’on incarne. Et cette phase d’introduction, souvent juste exploitée pour poser l’ambiance et amener la mission qui sera la nôtre, est loin d’être aussi anodine que dans la grande majorité des ADVELH que j’ai pu lire. Je n’en dit pas plus pour ne pas spoiler, vous le constaterez par vous-mêmes.

Pas la suite, la tension monte progressivement, et il ne serait pas possible d’en dire davantage sans dévoiler l’évolution de l’intrigue. Tout est bien mené, ambiance dérivant lentement vers la folie, avec de bonnes idées pour gérer les situations où habituellement le hasard intervient (un conseil, n’oubliez pas de mettre en route votre mémoire pendant que vous lisez). J’ai aussi retrouvé ce que j’avais apprécié dans le dernier LDVELH que j’avais lu (Antarktos, dont je n’ai pas encore parlé ici, lui aussi publié dans la Collection Rendez-vous au 14 de Walrus) : les “points de sauvegarde” qui permettent de reprendre le récit à des moments clés, sans avoir besoin de reprendre nécessairement au paragraphe 1.

Le final est excellent, et la fin la plus aboutie possible (car elle n’est pas unique et je ne les ai pas encore toutes découvertes – d’ailleurs je suis incapable de dire s’il s’agit d’un one true path ou pas tellement le récit semble ouvert) ouvre sur une possible suite, et ça c’est hyper cool parce que c’est exactement le type d’ADVELH où l’on a envie de retrouver le personnage incarné dans d’autres aventures face aux Grands Anciens (et ce n’est pas la matière qui manque).

Un gros coup de cœur pour ce retour des LDVELH dans le paysage éditorial. À découvrir sans tarder !

Et en ce jour de Follow Friday sur Twitter, je ne saurais que trop vous conseiller de suivre toute l’équipe derrière cette aventure horrifique jusqu’au bout de la folie : l’auteur Loïc Richard / @LR_Corwin ; l’illustrateur Yann Eacone / @Eacone et bien sûr l’éditeur Studio Walrus / @studiowalrus.

Ruez-vous dessus sans tarder sur cette nouvelle Aventure Dont Vous Êtes le Héros en cliquant sur sa couverture ci-dessus !

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Il y a peu, je vous contais ma joie à la lecture d’un nouveau Livre Dont Vous Êtes le Héros, la Bibliothèque Infernale, écrit par Neil Jomunsi et édité chez Walrus. Et bien, la même équipe récidive avec cette Nouvelle Dont Vous Êtes le Héros lovecraftienne. Le pitch ?

Le plat du jour: une salade de tentacules! Dans ce mini-livre-jeu au format court, vous incarnerez un jeune employé de fast-food qui n’a rien demandé à personne, mais qui devra faire face à une menace cosmique, monstrueuse et visqueuse sortie d’une abominable dimension parallèle. Du Lovecraft dans l’air? C’est possible. Toujours est-il que vous devrez faire de votre mieux pour vous sortir de ce pétrin, et essayer de ne pas entraîner l’humanité dans votre chute!

Car autant vous prévenir tout de suite : votre mort sera inévitable ! En revanche, vous allez pouvoir expérimenter 1001 manières de passer l’arme à gauche. Recommencez cette histoire autant de fois qu’il vous plaira, faites des choix différents, empruntez les chemins de traverse… et surtout amusez-vous!

En effet, l’une des particularités du récit, c’est que peu importe le chemin suivi, à terme vous mourrez inévitablement. Mais toujours d’une façon différente ! Le récit est court (c’est une nouvelle ne l’oublions pas) et se prête excessivement bien à une recherche exhaustive de tous les cheminements possibles. Et on se retrouve face à de nombreux épilogues, eux mêmes concluant une trame différente à chaque fois. Selon vos choix, vos compagnons d’infortune ne tiendront pas le même rôle (mention spéciale à la belle jeune femme, au comportement très variable selon les branches suivies).

Comme dans la Bibliothèque Infernale, l’humour est omniprésent et le style vivant (contrairement à vous en fin de chaque tentative). Un texte d’introduction permet cette fois-ci encore de rentrer dans le récit et dans la peau du « héros » que l’on incarne.

On pourrait être chagriné par un format trop court, mais c’est à mon sens une force pour cette nouvelle. Sa longueur est parfaitement adaptée à la lecture-jeu lors d’un déplacement en transport en commun puisque le chemin le plus long doit aboutir en 15-20 minutes de lecture. Avec le plaisir maintes fois renouvelé de recommencer pour suivre les diverses intrigues possibles. Et à 0,99 € la bête, il serait dommage de se priver. Un format à qui je prédis un avenir radieux !

Menu Cthulhu

Neil Jomunsi

Walrus, 2012 – 0,99 € (sans DRM)

La Bibliothèque Infernale

Quoi de plus normal, pour un libraire, que de vivre parmi les livres? Mais il y a toutefois certaines limites à la conscience professionnelle: car lorsqu’un jour le libraire croise le chemin d’un ouvrage plutôt étrange, que le Livre en question s’avère être hautement diabolique et qu’il aspire le malheureux entre ses pages pour lui faire vivre un tourbillon d’aventures infernales, là, c’est une autre paire de manches… Vous n’aimeriez pas être à la place de ce libraire?

Malheureusement pour vous, « La Bibliothèque Infernale » est une histoire dont justement VOUS, ami lecteur, êtes le principal protagoniste! Prêt à vous lancer?

On les attendait depuis l’apparition du livre numérique : les Livres Dont Vous Êtes Le Héros (que l’on nommera affectueusement par leur petit nom LDVELH par la suite) nouvelle génération. La Bibliothèque Infernale, c’est le premier titre publié par un éditeur, en l’occurrence Walrus. Pour l’occasion, Walrus crée une nouvelle collection : la collection « Rendez-vous au 14 ».

N’y allons pas par quatre chemins, je me suis éclaté en jouant cette histoire ! Comme un fou, comme au bon vieux temps, avec un petit quelque chose de plus. Certainement cet humour qui faisait défaut à nombre des LDVELH de mon adolescence, ou bien le style utilisé, très bon, sans oublier l’univers choisi : une bibliothèque, des livres et des trouvailles à n’en plus finir ! Un caméo sympathique de liseuse au début et à la fin du récit est un bon clin d’œil au support du texte.

Tout commence par un texte d’introduction, qui prend le temps de nous plonger progressivement dans l’aventure. Ici pas besoin de décrire des règles, pas de feuille de personnage, pas de dé. L’auteur s’est fort bien débrouillé à trouver des mécanismes de substitution qui ne nuisent pas au rythme de la lecture.

Chaque étage que l’on découvre, une fois plongé dans la Bibliothèque à proprement parler, est une petite merveille d’idée, les références m’évoquant un peu, mais pas de façon aussi poussée quand même, l’imagination débridée de Fforde dans ses Thursday Next.

Je suis mort plusieurs fois (forcément), mais au moins là c’est rarement à cause d’un jet de dé traître en plein milieu d’un combat difficile. Les diverses façon de mourir sont elles aussi ingénieuses (Ah ! L’étage de métal et ses habitants ! ). Et puis, comme dans tout LDVELH qui se respecte, il y a des petites illustrations, régulièrement, de la main de l’auteur lui-même.

En résumé : si vous adoriez les LDVELH étant plus jeunes, plongez dedans sans hésiter, si vous ne connaissez pas et que vous avez envie d’une lecture ludique, bien écrite, ingénieuse, ne passez pas votre chemin, c’est du tout bon ! Cette collection démarre bien, et j’ai hâte de voir venir les prochaines parutions (d’ailleurs les soumissions sont ouvertes auprès de l’éditeur) !

La Bibliothèque Infernale

Neil Jomunsi

Walrus, 2012 – 4,99 € (sans DRM)