Quelles nouvelles côté écriture ?

Honnêtement, ne nous faisons pas mal en parlant de chiffres. Je dois reconnaître que depuis de longues semaines, je suis plutôt en mode monotâche. Ça se retrouve côté lecture avec une forme d’incapacité à mener plusieurs lectures de front. Je reste collé à la saga de G.R.R. Martin, sans parvenir à entamer un autre roman en parallèle. En même temps, elle est suffisamment riche pour bien occuper son lecteur. J’entre dans la deuxième moitié de A Dance with Dragons avec un plaisir de lecture qui ne faiblit pas.

Pour l’écriture, même combat. Je suis focalisé très fortement sur ce que je fais au niveau pro. Du coup il ne me reste pas de temps de cerveau disponible pour écrire.

Est-ce catastrophique en soi ?

Je ne pense pas finalement. Petit à petit, je sens mes personnages qui tentent de pointer le bout de leur nez. Pas plus tard qu’avant-hier, je me suis surpris à faire des recherches de background pour La Larme Noire. Ce matin, c’était mon projet de LDVELH qui se rappelait gentiment à moi et commençait à me souffler quelques idées pour quand je pourrai le reprendre. Cela me laisse l’espoir qu’une infime partie de mon temps de cerveau soit de nouveau disponible pour me replonger dans ces textes. Si cette part pouvait prendre de l’importance rapidement, ça signifie un retour aux affaires avant l’été (visons large).

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A Song of Ice and Fire – 1 : A Game of Thrones ~ George R. R. Martin

Depuis deux bonnes années que je devais le faire, je me suis enfin lancé dans cette désormais célébrissime saga de fantasy. Je dois reconnaître que de longues tergiversations pour choisir entre une lecture en VO ou sa traduction souvent décriée ont retardé le moment de m’y mettre. Mon choix s’est finalement arrêté sur la VO.

Je ne vous ferai pas l’affront de rappeler le pitch du roman…

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Du style et des points de vue

Premier constat, le style est fluide, très direct, très accessible. Le vocabulaire est finalement relativement répétitif et les quelques mots qui m’ont posé problème ne se sont pas révélés pénalisants. Les rares a revenir à plusieurs reprises ont été les seuls nécessitant un passage par le dictionnaire. Rien de bien gênant pour la lecture.

Par comparaison avec la traduction française (j’ai le premier tome dans ma bibliothèque, du coup je me suis amusé à comparer de temps en temps un paragraphe par-ci, un paragraphe par-là), on passe d’un style peu littéraire, reconnaissons-le, à un style hautement littéraire dans notre langue. Les tournures m’ont du coup semblé inutilement alambiquées, là où Martin les a voulu directes, sans fioritures. Cela m’a paru aboutir à des dialogues à la langue fleurie en carton pâte, bien moins sympathiques à lire que la version originale et cadrant parfois bizarrement avec les personnages.

Je pense par exemple au moment où Jon Snow offre à Arya l’épée qu’il a fait forger pour elle et lui dit « Première leçon. Frappe-les d’estoc.« , traduction bien éloignée à mon goût du « First lesson. Stick them with the pointy end.« , beaucoup plus direct et ne faisant pas appel à un vocabulaire spécifique. Ce qui est bien plus logique en s’adressant à une enfant de 9 ans. Bref, je suis satisfait d’avoir choisi la version originale du texte.

La gestion des points de vue m’a semblé fort pertinente et bien traitée, permettant à de nombreux aspects du récits d’être abordés. Certaines focalisations, celle de Sansa par exemple, apportent même un décalage intéressant pour certaines scènes. Celle du tournoi où meurt l’écuyer, fraîchement fait chevalier, de Jon Arryn prend ici une autre dimension, dédramatisée puisqu’il n’est qu’un chevalier inconnu aux yeux de Sansa.

On sent tout l’art du scénario de série que Martin a pu développer au fil des années, le rythme est quasi parfait, le choix de l’ordre des enchaînements entre les personnages savamment étudié. J’adhère totalement ! Et contrairement à ce que j’ai pu lire ici ou là, je n’ai pas ressenti de surenchère au niveau des cliffhangers de fin de chapitre. L’ensemble est bien dosé à mon goût.

J’ai passé un super bon moment de lecture, même si ce n’est pas la claque à laquelle je me serais attendu. Peut-être le fait d’avoir vu la série auparavant et de connaître les principaux moments de l’intrigue ?

Des adaptations

le-trone-de-fer-saison-1Quand on pense au Trône de Fer, on pense forcément à son adaptation en série. C’est d’ailleurs par l’intermédiaire de celle-ci que j’ai posé le pied à Westeros. Globalement, je trouve après lecture que la première saison de la série est plutôt fidèle aux intrigues développées dans ce premier tome de la saga. Certes les personnages sont physiquement différents de ce que j’aurais attendu, mais cela ne pose pas de problème, d’autant que les acteurs tiennent parfaitement la baraque. Par contre, certains personnages m’ont attiré davantage de sympathie dans la série que dans le roman, les scénaristes de celles-ci leur ayant donné plus de présence que la narration de Martin (je pense par exemple à Littlefinger).

Je ne reviendrai pas sur les libertés prises par la série, on trouvera sans soucis des articles en traitant en long, en large, en travers, et avec une analyse plus fine que ce que je pourrais proposer.

bd-le-trone-de-fer-volume-1Plus proche du roman, l’adaptation en bande dessinées est tout à fait convenable. J’ai lu les premiers épisodes juste après avoir lu le roman et honnêtement, je m’y suis beaucoup plus retrouvé au niveau du contenu. Par contre, j’ai eu l’impression que de nombreux détails, de nombreuses transitions manquaient pour une bonne compréhension de la bande dessinées. À plusieurs reprises, je me suis dit que si je n’avais pas lu le roman, je me serais demandé où je vais. Le style graphique m’avait rebuté au premier feuilletage, mais on s’y fait.

En conclusion : la série est plus compréhensible, les acteurs y ont des gueules qui donnent du caractère aux personnages et les rendent attachants. La bande dessinée colle plus près au texte (quelle femme cette Cat dans le roman graphique, bien plus proche de l’image qu’en donne le roman), mais gère mal ses enchaînements.

Où l’on atteint le point Larme Noire de cette chronique…

Les habitués des lieux l’ont certainement remarqué lors de précédentes chroniques, par moment, j’aime bien enchaîner avec les enseignements tirés pour mes propres projets.

J’avais évoqué lors de mon retour de lecture de la formidable Horde du Contrevent mon envie de proposer un récit à multiples narrateurs pour La Larme Noire, histoire de permettre à certains personnages d’exister davantage. Là, contrairement à ce qu’avait proposé Alain Damasio avec des focalisations internes à la première personne, Martin nous propose des focalisations internes à la troisième personne, et cela fonctionne très bien je trouve.

Le nombre limité de focalisations est également un plus pour A Game of Thrones. Le découpage en chapitres nommés selon le personnage que l’on va suivre, permet de tout de suite savoir où l’on est, quelle partie de l’intrigue va (a priori) avancer. Dans La Horde, il faut un temps pour bien cerner qui parle à quel moment, mais l’assimilation de chaque symbole est quand même rapide. Cependant, traiter un grand groupe de personnages comme celui de La Horde est certainement plus adapté au choix de la première personne.

Je garde l’idée des focalisations internes à la troisième personnes, qui pourrait trouver tout son intérêt à partir du troisième épisode, et même dès le premier. À vrai dire, elle se présente comme un choix incontournable si je veux gérer les choses comme je le souhaite.

Les idées s’affinent peu à peu, et c’est bien bon…

Les 10 livres que vous aimeriez lire cet été

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L’été approche à grands pas et comme l’an passé, l’heure est venue de présenter ma PàL estivale. Comme l’été dernier (souviens-toi…), mon choix se porte exclusivement sur des formats papiers, ma jolie liseuse restant toujours aussi photosensible (toute la zone de l’écran où se pose le soleil n’apparait pas au changement de page, ou plutôt elle est trop pale pour être lisible) et pas question d’emmener la tablette en camping, si camping il y a cet été. Il y aura quand même un bon chargement numérique dans le téléphone, mais ce n’est pas le même confort de lecture.

Bref, voici la liste des 10 pour cet été, avec notamment un revenant de l’an passé.

  1. La Route, par Cormac Mc Carthy
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    L’accroche : L’apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres. Un père et son fils errent sur une route, poussant un caddie rempli d’objets hétéroclites et de vieilles couvertures. Ils sont sur leurs gardes car le danger peut surgir à tout moment. Ils affrontent la pluie, la neige, le froid. Et ce qui reste d’une humanité retournée à la barbarie.
    Pourquoi je veux le lire : Parce que ces derniers temps, j’ai eu envie de lire quelques récits de survival horror avec des zombies, et que l’on retrouve tous les thèmes de ces récits dans ce roman qui a décroché le Pulitzer en 2007. Parce que j’ai vu le film il y a quelques jours, que j’ai bien aimé et que le livre est a priori plus intéressant à lire. Parce qu’il était déjà dans ma PàL avant de voir ce film, et que ça n’a que confirmé mon envie de le lire.
  2. A Game of Thrones – A Song of Ice and Fire, Book 1, par G.R.R. Martin
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  3. A Clash of Kings – A Song of Ice and Fire, Book 2, par G.R.R. Martin
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  4. A Storm of Swords – A Song of Ice and Fire, Book 3, par G.R.R. Martin
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  5. A Feast for Crows – A Song of Ice and Fire, Book 4, par G.R.R. Martin
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    L’accroche (pour les 4) : On la connait. Westeros. Des prétendants au trône à ne plus pouvoir les compter. Intrigues. Menaces. Affrontements. Morts. Est-il encore besoin de présenter la saga ?
    Pourquoi je veux les lire : Parce qu’il serait enfin temps de le faire. Parce que je ne veux plus me contenter d’une série TV d’excellente facture certes, mais qui ne pourra jamais approcher la richesse de pavés de 1000 pages. Parce que les annonces sur le découpage de ces pavés pour les besoins de la série commencent à m’inquiéter un peu. Parce que les mauvaises surprises, ça passe quand même mieux à la lecture qu’en les voyant (en tout cas pour moi). Parce que j’ai besoin d’une loooooonnnngue saga de fantasy qui ne soit pas ancrée dans l’héritage heroic tolkienique de celle-ci.
  6. Le Puits des Mémoires 1 : La Traque, par Gabriel Katz
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    L’accroche : Trois hommes se réveillent dans les débris d’un chariot accidenté en pleine montagne. Aucun d’eux n’a le moindre souvenir de son nom, de son passé, de la raison pour laquelle il se trouve là, en haillons, dans un pays inconnu. Sur leurs traces, une horde de guerriers, venus de l’autre bout du monde, mettra le royaume à feu et à sang pour les retrouver. Fugitifs, mis à prix, impitoyablement traqués pour une raison mystérieuse, ils vont devoir survivre dans un monde où règnent la violence, les complots et la magie noire.
    Pourquoi je veux le lire : Parce que je l’ai gagné lors d’un concours, et que c’est cool, mais aussi parce que j’ai lu des avis plutôt positifs le concernant, enfin pour son pitch séduisant. Parce qu’il était déjà dans la liste des 10 de l’été dernier. Parce que depuis un an, les avis le concernant m’ont confirmé que c’était un excellent récit, et que deux autres tomes sont sortis entre temps.
  7. La Zone du Dehors, par Alain Damasio
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    L’accroche : 2084. Orwell est loin désormais. Le totalitarisme a pris les traits bonhommes de la social-démocratie. Souriez, vous êtes gérés ! Le citoyen ne s’opprime plus : il se fabrique. A la pâte à norme, au confort, au consensus. Copie qu’on forme, tout simplement. Au coeur de cette glu, un mouvement, une force de frappe, des fous : la Volte. Le Dehors est leur espace, subvertir leur seule arme. Emmenés par Capt, philosophe et stratège, le peintre Kamio et le fulgurant Slift que rien ne bloque ni ne borne, ils iront au bout de leur volution. En perdant beaucoup. En gagnant tout. Premier roman, ici réécrit, La Zone du Dehors est un livre de combat contre nos sociétés de contrôle. Celles que nos gouvernements, nos multinationales, nos technologies et nos médias nous tissent aux fibres, tranquillement. Avec notre plus complice consentement. Peut-être est-il temps d’apprendre à boxer chaos debout contre le swing de la norme?
    Pourquoi je veux le lire : Parce que La Horde du Contrevent est tout simplement une de mes grosses grosses claques de 2012, une pure expérience de lecture et une belle leçon d’écriture.
  8. Sorceleur, par Andrzej Sapkowski
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    L’accroche : En ces temps obscurs, ogres, goules et vampires pullulent, et les magiciens sont des manipulateurs experts. Contres ces menaces, un tueur à gages exceptionnel, un mutant devenu le parfait assassin grâce à la magie et à un long entraînement : Geralt de Riv.
    Fidèle aux règles de la corporation maudite des sorceleurs, il assume sa mission sans faillir dans un monde hostile et corrompu qui ne laisse aucune place à l’espoir. Héros solitaire, il n’en fera pas moins d’étonnantes rencontres au cours de ses aventures : une magicienne capricieuse aux charmes vénéneux, un troubadour paillard au grand cœur… et enfin la petite Ciri, l’enfant élue. Geralt cessera-t-il un jour de fuir devant la mort pour affronter son véritable destin ?

    Pourquoi je veux le lire : Parce que je me suis attaché à ce personnage qu’est Geralt de Riv, ainsi qu’à ses compagnons, au travers des deux sublimes adaptations de ses aventures en jeu vidéo (à cette occasion, lisez donc l’analyse que David Osmay fait du scénario de The Witcher 2, c’est passionnant et précis, mais gare aux spoilers). Parce que c’est de la Dark Fantasy, et que le Côté Obscur a toujours quelque chose de séduisant. Parce que la littérature imaginaire de l’Europe de l’Est n’est pas toujours présente sur les étals de nos librairies, à plus forte raison quand elle est d’origine polonaise, et qu’il y aura peut-être une façon un peu neuve de voir les choses (là je crois que je fonde trop d’espoir en Sapkowski quand même). Parce que je m’attends plutôt à quelque chose d’une certaine légèreté malgré tout, un peu comme l’esprit des jeux.
  9. Le Sang des 7 Rois, par Régis Goddyn
    sang-7-rois
    L’accroche : 25 juillet 806
    Deuxième jour de traque. Depuis le départ du château, la pluie n’a pas cessé de tomber. Je profite d’une roche en surplomb pour abriter le journal et écrire ce premier compte-rendu. Arrivés sur les alpages, nous avons suivi la crête pour trouver des indices. Rien ne nous avait préparés à ce que nous avons trouvé là. Un autre campement avait été édifié à cinquante pas à vol d’oiseau du premier et tout indique qu’alors que nous pensions notre retard considérable,ses occupants s’en étaient allés quelques heures auparavant.
    Pourquoi je veux le lire : Parce que c’est aussi un récit que j’ai gagné grâce à L’Atalante et que c’est toujours aussi cool. Parce que les premiers retours  de lecteurs sont très positifs, que ça semble correspondre à ce que je recherche comme lecture en ce moment. Parce que j’aurais voulu l’attaquer dès que je l’ai reçu, mais que ça n’a pas été possible (mais je me suis rattrapé avec Étoiles perdues, dans lequel je me suis plongé dès réception et que j’ai terminé hier).
  10. D’or, de rêves et de sang : L’épopée de la flibuste (1494-1588), par Michel Le Bris
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    L’accroche : Piet Heyn, qui captura la flotte de l’Or, l’Ollonais qui faisait, dit-on, manger le cœur de ses victimes, Laurent de Graff, le forban mélomane, Morgan, habile au double jeu, Hawkins, sur son Jesus of Lubeck, El Dragon , Francis Drake : ils n’en finissent pas de nous fasciner. Abordages sanglants, pillages, orgies, tortures : d’où vient que la flibuste ait pu nourrir tant de récits, de films, de chants tant de mythes ? Peut-être de ceci, qu’en elle et pour une part obscure de nous-mêmes, nous nous reconnaissons : le monde qui nait dans ces années de feu, de démesure, d’extravagantes dépenses et de dévastations monstrueuses est le nôtre… La flibuste ? Une fabuleuse histoire à découvrir, par delà les clichés et les affabulations. Ainsi, sait-on qu’elle nait un siècle plus tôt qu’on ne le croit, dans le tumulte des guerres de religion ? Qu’elle fut d’abord française et protestante – théâtre d’un affrontement philosophique fondamental ? Ici, dans un fulgurant raccourci se donne à lire tout à la fois la naissance et la fin des utopies modernes : ces brutes féroces étaient aussi des révoltés, rêvant de paradis… Avec D’or, de rêves et de sang, Michel Le Bris renouvelle radicalement notre vision de la flibuste. Voici, donc, racontée comme jamais on ne l’avait fait, l’histoire des origines de la piraterie.
    Pourquoi je veux le lire : Parce que ça fait longtemps que je me suis plongé dans un ouvrage parlant de nos bons vieux flibustiers. Parce que j’ai dans l’idée de lancer un nouveau projet de la saga mettant en scène la famille Dothiriel en 2014 et que ce sera un bon moyen de mettre en place quelques idées neuves. Parce que je l’ai acheté dans la phase préparation d’Esprits Racines (ou celle de Par-delà l’océan ? J’ai un doute finalement).

Et ce n’est que la partie papier du programme. Il y aura certainement quelques lectures numériques entre deux.

Et vous quelles lectures envisagez-vous pour cet été ?