All Sinners – Jour 5 – Scène 2

16h00

Ils en auront mis du temps à arriver. Mais je crois que les voilà enfin. Le silence qui vient de tomber sur la rue est éloquent. J’imagine des touffes d’amarante desséchée qui roulent. Des volets qui se ferment. Je prends mon flingue dans la main. J’enlève la sécurité. Je ne tremble pas. Je suis prêt.

Il me reste 8 cartouches. Je ferai pas long feu. A moins que…

Je joue le jeu jusqu’au bout. Je prends la pose du mec cool qui n’a pas peur de crever. Capable d’encaisser une bonne dizaine de balle dans le bide sans broncher. Je souris à cette idée. Si je tiens aussi longtemps, ce sera un vrai départ en apothéose.

J’arme le Desert Eagle. J’adore ce flingue. Ça me rappelle mon adolescence et les parties sans fin à Fallout. Aujourd’hui, Yumington m’y fait un peu penser. Sofia en aura fait des dégâts.

Le premier gars entre dans le bar. Impossible de le rater avec sa visée laser qui fouille la pièce. Elle ne lui servira pas à grand chose. Je viens de lui en coller une entre les yeux. Je m’imagine avec un flegme à la Bond.

Un bruit derrière moi. Merde, ils entrent par toutes les portes. Y en a combien ? Ça va être plus tendu.

Je roule au sol, fais basculer une table au passage, me planque derrière. Je jette un œil. Deux gars en face. Je tire trois fois. Je touche à deux reprises. Un des gars tombe, l’autre se tient le bras mais fait feu.

Une rafale vient plomber la table. Des échardes volent. Heureusement elle est épaisse. Sans regarder, je balance un pruneau de plus, dans la direction où le type se tenait. J’entends un gargouillis. Poumon perforé.

Ils sont trois au tapis. Il me reste autant de balles dans le chargeur. Et minimum quatre miliciens à refroidir.

Sont pas pro les gars dehors. Je suis déçu. J’ai dû en former certains. Ils hésitent à entrer. J’en profite pour me glisser jusqu’au pistolet mitrailleur du dernier que j’ai buté. Y a une visée laser dessus aussi. Génial ! Je l’active. Je me planque derrière le comptoir que le patron a déserté depuis ma dernière pression. Pas fou.

Je retiens mon souffle, reste sur le qui-vive. J’entends un bruit sur ma droite. Je me redresse brusquement, pointe le laser sur une tête. Je balance une rafale qui scalpe le type. Du coin de l’œil, j’en repère un autre. Je me retourne, fais de nouveau feu.

Ils ne sont pas assez rapides. Je leur aurais passé un sérieux savon si j’étais encore dans mon rôle auprès du Boss. Les situations, ça change très vite au lendemain d’un ouragan. Il devrait rester deux gars encore. Procédure standard d’élimination. On a dû nommer un bleu à ma succession. Une fillette sans estomac, un zigue pas foutu de préparer convenablement l’assaut face à un gars comme moi.

Derrière le comptoir, je vérifie mes chargeurs. Faut pas que je me sois planté sur le compte de mon remplaçant.

Un bruit qui sonne alors qu’un objet métallique roule au sol. Merde, ces cons y vont à la grenade. Je saute par-dessus le bar en arrosant généreusement devant moi. Je vide le chargeur du pistolet-mitrailleur.

Sprint vers la sortie. Je fonce dans le tas. La porte franchie, je plonge au sol, roule sur moi-même.

Tout se passe au ralenti. La balle qui m’explose le genou, celle qui brise mon omoplate. Le souffle de l’explosion et le morceau de béton qui emporte la moitié de la tête d’un des soldats. Les deux balles que je tire en direction du dernier survivant. Qui le ratent. Sa riposte qui frôle mon crâne. Mon ultime tir qui lui traverse la gorge alors que les décombres suite à l’explosion retombent au sol.

Je regarde autour de moi. Des gens de toute ethnie crient. Je ne comprends rien à ce qu’ils braillent. Je suis assourdi par l’explosion. Les acouphènes me vrillent les tempes et me défoncent le crâne.

Je crois que je hurle aussi. De douleur. De joie. Je suis encore vivant. Je gueule. Je veux un taxi. Je menace avec mon flingue. Personne ne sait qu’il est vide. Je m’en fous. On fait ce que je veux.

« Aux ponts » que je gueule sur le chauffeur.

Le pauvre doit pisser dans son futal bon marché. Il obtempère. L’eau a quasiment disparue des chaussées et la circulation est redevenue presque normale.

Je pisse le sang par la jambe et l’épaule. Je me contorsionne pour faire des garrots de fortune. Pendant ce temps-là, le chauffeur s’acquitte de sa tâche avec beaucoup d’application et de regards apeurés.

Contribution pour la TwitterFiction All Sinners, nouveau projet transmedia de Jeff Balek (qu’il qualifie de M.O.R.W.S. pour Multiwriter Online Role-Writing Story, concept qui me plait bien à vrai dire). À suivre du 28 novembre au 2 décembre sur Twitter grâce au hashtag #AllSinners. Mon personnage : Kieran O’Gara, porte-flingue.

Suivez aussi l’intrigue de Jeff Balek (Twitter – Blog), de Michael Roch (Twitter – Blog) et de Jartagnan (TwitterBlog).

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