All Sinners – Jour 4 – Scène 3

19h00

J’entre dans la Tour. On me laisse passer. La pluie s’est calmée et l’eau reflue peu à peu hors du hall d’accueil. Les vigiles me regardent me traîner dans le bâtiment. J’ai l’air d’une loque. Ils savent que j’en ai chié avant de rentrer au bercail. Et je suis seul. Le Boss n’est pas rentré, n’a plus donné signe de vie depuis plus de 48 heures. Y a que moi qui puisse savoir ce qui s’est passé. Un des gars m’annonce à l’aide de son oreillette bluetooth. Le comité de bienvenue pourra se préparer comme ça.

La porte de l’ascenseur s’ouvre. Je me glisse dedans et appuie sur le bouton du 26e étage. Affalé contre la paroi, j’attends qu’il me monte. L’heure de vérité approche.

Arrivé à l’étage des bureau du Boss, on vient m’aider à me relever. Ils s’y mettent à deux. Stephan et James si je me trompe pas. Deux bons soldats que j’avais formé il y a 5 bonnes années. c’est que j’en ai passé du temps aux côtés du patron mine de rien. 12 ans de bon et loyaux services. Peut-être que ça jouera en ma faveur lors de mon jugement imminent.

« Ce cher O’Gara. Quel plaisir de vous revoir parmi nous. »

C’est l’autre de merdeux de Matthew, le fils arriviste du Boss. S’il est là, ça va être coton pour m’en sortir indemne. Son ton mielleux n’augure d’ailleurs rien de bon.

« Des nouvelles de mon père ? »

Je suis obligé de lui dire la vérité. Ou presque.

« Je me souviens pas de tout. Il a pris un débris dans la tête. Ça l’a sonné sur le coup. Je l’ai emmené à l’abri, ce que j’ai pu trouver en bordure de la plage. Un vieil entrepôt. Je me suis endormi, épuisé. Quand je me suis réveillé, c’était terminé pour lui. Mes condoléances Matthew. »

J’essaie d’avoir l’air sincère en partageant sa peine. Il me regarde, l’air désolé. Il met la main à sa poche, sort son portable. C’est quoi qui me pend au nez ?

« Kieran, tu m’expliquer pourquoi j’ai reçu ça si tu dis vrai ? » soupire-t-il en secouant la tête.

Je regarde le SMS qu’il me montre.

O’GARA A BUTE TON PERE. NE LUI FAIS PAS CONFIANCE.

Forcément, y a pas de signature. Et le nom de l’expéditeur ne s’affiche pas.

« N’importe qui peut écrire ça. »

C’est tout ce que je trouve à répondre. Défense béton. Le petit Matthew claque des doigts. Stephan et James s’avancent, la main glissant lentement vers leur arme. On dirait deux gars de la SPA qui approchent d’un animal enragé en tentant de planquer un pistolet tranquillisant. Autant dire que je donne pas cher de ma peau désormais.

Le fils de mon défunt patron est encore là, à deux pas de moi. Il sourit comme un gosse qui torture une limace en la recouvrant de chips. Je lui enfonce le sourire dans le visage d’un bon coup de boule. Son nez pisse le sang. Je l’attrape par la gorge, me sers de lui comme d’un bouclier.

« Vous me laissez reculer jusqu’à l’ascenseur, puis quitter l’immeuble, et je vous l’abîme pas davantage. »

Les gars semblent prêts à broncher. Leur nouveau chef leur fait signe d’obtempérer. Courageux, mais pas téméraire mon Matthew. Il ne pipe pas un mot pendant que l’on redescend dans le hall. Les miliciens qui nous attendent là me tiennent en joue. Le gamin leur fait comprendre de baisser leurs armes. Ils obéissent.

« Qu’ils se cassent, tous dans l’ascenseur, et direction le dernier étage. »

La Tour en compte une quarantaine. Le temps qu’ils reviennent dans le hall, je serai loin. J’en vois qui cherche à faire le mariole. Je tire le Desert Eagle que j’avais planqué dans mon dos, coincé à la ceinture de mon jean. Une balle fuse après que j’aie pressé la détente. L’abruti tapisse le mur.

« Jouez pas au con, sinon la prochaine est pour le gamin ! »

Je braque le canon sur la tempe de Matthew. Cette fois-ci, ils ont compris que je ne plaisante pas et que j’irai jusqu’au bout. Alors ils montent dans l’ascenseur et suivent mes directives. Une fois qu’ils sont montés, je me dirige vers la sortie, tenant toujours le gosse en joue.

« Je te retrouverai O’Gara. » qu’il marmonne.

« Je sais. Et je ne t’en veux pas. »

J’ai décidé de jouer dans le mélo à deux balles ce soir. Je sors de la Tour et je le repousse violemment à l’intérieur. Je pars en courant, le flingue à la main, sous le regard médusé des premiers curieux à sortir dans la rue pour contempler la ville sinistrée. L’alerte a été levée et la tempête semble passée. Alors la vie va reprendre petit à petit son cours. Mais pour le moment, celui qui court le plus vite, shooté à l’adrénaline, c’est moi.

Contribution pour la TwitterFiction All Sinners, nouveau projet transmedia de Jeff Balek (qu’il qualifie de M.O.R.W.S. pour Multiwriter Online Role-Writing Story, concept qui me plait bien à vrai dire). À suivre du 28 novembre au 2 décembre sur Twitter grâce au hashtag #AllSinners. Mon personnage : Kieran O’Gara, porte-flingue.

Suivez aussi l’intrigue de Jeff Balek (Twitter – Blog), de Michael Roch (Twitter – Blog) et de Jartagnan (TwitterBlog).

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