Le Labyrinthe de Pan – El Laberinto del Fauno

    Vous aimez ces affiches ?


  

  



    Moi aussi, je les trouve excellentes…

    L’idée d’entrer dans une salle obscure pour aller vous délecter d’un film présenté comme un "conte de fées pour adultes", agrémenté d’un prometteur "L’innocence est plus forte que le mal", décrit ici et là comme un véritable petit bijou de fantastique poétique et onirique, version sombre d’un univers rappelant Lewis Caroll et Tim Burton, sur un fond historique, cette idée vous séduit ?

    Moi aussi, en amateur de merveilleux, mais aussi de bons films d’horreur (fan absolu de Braindead for ever !!! ), cette idée me séduit…

    Alors j’y suis allé… et aurais dû m’en abstenir…

    Toutes ces promesses de rêverie éveillée, certes quelque peu cauchemardesque, devant le grand écran ne sont qu’un artifice pour attirer l’amoureux de contes fantastiques. La trame imaginaire n’est qu’à peine ébauchée, bâclée serais-je tenté de dire. L’univers que Del Toro tente vainement de mettre en place manque d’originalité, d’épaisseur : trois fées, un faune, un crapeau géant, un monstre mangeur d’enfant que l’on ne voit que quelques minutes sont bien peu de choses pour un "conte fantastique". L’aspect onirique manque simplement de présence, ne représentant qu’un pauvre dixième, bien insipide, de l’intégralité de ce film… Ne parlons même pas de poésie !
    Que reste-t-il ? Le décor historique, l’Espagne de Franco ? En dehors d’une malheureuse scène sans intérêt où de pauvres villageois viennent chercher la nourriture rationnée, rien dans le film ne justifie sa situation à cette époque.
    Et le restant, me demanderez-vous ? Torture, sadisme, barbarie, violence, avec une gratuité à vous dégoûter du cinéma "fantastique onirique et poétique" et des "contes de fées pour adultes". N’importe quel cadre aurait pu servir pour illustrer cette lutte sanglante entre un groupe de rebelles, cachés dans la forêt comme il se doit, et un petit contingent de soldats chargés de les déloger… Tout ceci n’est que prétexte à une succession de scènes crues, cruelles, dénuées d’intérêt.  Aucune sensation de rêve, seulement un ancrage dans la triste réalité d’une banale cruauté humaine… Pas de subtilité, rien n’est suggéré, tout est exhibé avec obscénité.
    J’ai lu ici et là qu’il s’agissait d’un film sur l’enfance, sur les difficultés de faire coexister les rêves de celle-ci et la dure réalité. Je n’en ai rien vu dans ce dédale bien terne. Il y a deux univers qui nous sont présentés, celui de l’imaginaire enfantin, qui brille presque par son absence durant les trop longues et trop nombreuses séquences ancrée dans une réalité, second univers, qui coupe toute envie de rêver…
    Pire encore, ces deux aspects n’interagissent pas. On assiste, impuissants, à un va-et-vient entre deux récits, où il est difficile de dégager quel est le propos du réalisateur. On subit les scènes de violences, injustifiées par rapport à ce que le film devrait proposer, omniprésentes. A aucun moment, je n’ai eu l’impression qu’Ofélia se réfugiait dans ce monde imaginaire pour fuir les horreurs de la guerre. Elle semble à peine en avoir conscience. Ce sont des événements liés à sa propre vie, aux bouleversements de celle-ci (retrouver un beau-père qu’elle n’aime pas, la grossesse difficile de sa mère) qui déclenchent ses plongées vers un autre univers. Aucun rapport avec le totalirarisme, la guerre ou la nature de véritable bourreau de son beau-père.
    A un moment, au début du film, lors de la première visite d’Ofélia dans le labyrinthe, on pense basculer enfin dans le conte fantastique promis. On glisse enfin vers un monde onirique, pardonnant au passage le manque d’originalité de celui-ci… pour se prendre en pleine face une scène de violence gratuite dès le retour au réel. Après ça, on n’y croit plus. On ne veut plus rêver, on veut que cesse le film… Et ça continue. Les incursions vers le monde imaginaire se font plus rares, plus brêves, jusqu’à un final dépourvu de fantaisie et d’originalité, à la limite du ridicule, et téléphoné dès les premières images du film.
    On ne parvient pas à s’attacher à ces personnages caricaturaux, à ce monde répugnant qui ne laisse aucune place à l’espoir.
    Je ne m’étendrai pas davantage, pourtant j’aurais encore beaucoup à dire sur cette production que je préférerais oublier…
    Je partais plein d’entrain, certain de passer un bon moment. Je suis ressorti non seulement déçu comme je ne l’ai jamais été (et pourtant j’ai vu des tas de mauvais films), mais surtout écoeuré, avec de surcroît le sentiment d’avoir été floué sur le produit proposé. Ce labyrinthe me laisse avec un goût âcre dans la bouche, avec un poids dans l’estomac. Comme après un plat indigeste. Je n’avais franchement pas besoin de ces deux heures de barbarie gratuite, qui annihilent le rêve, là où elles auraient dû le susciter…

    En deux mots : à fuir !

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6 réflexions sur “Le Labyrinthe de Pan – El Laberinto del Fauno

  1. Coucou Emilie !C’est vrai que si j’avais su qu’il y avait tant de violence dans le film, soit je me serais abstenu d’aller le voir (car ce n’est pas le genre de film que je souhaitais découvrir en ce moment), soit je me serais rendu au ciné en sachant ce qui se jouerait sous mes yeux (et par conséquent en voulant voir ce type de récit).Tu me diras ce que tu en as pensé quand tu l’auras vu ?  ;o)Pour la Compagnie des Loups, je le note !   ^_^A bientôtAmitiés,Nicolas

  2. Quand je pense que j’ai failli y aller, attirée moi aussi pas le côté conte fantastique pour adulte !

    Grosse déception, donc… merci pour l’info !

  3. Donc, en bref, t’as pas aimé hé, hé! J’ai un bon souvenir d’un film dans le genre incursion au royaume des contes, c’est la Compagnie des Loups, très modeste, sans grande prétention mais avec de belles images(et son Bettelheim à la main en plus hé, hé)
    Ravie quand même que tu aies malgré toi servi de « goûteur » comme Cléopatre d’Astérix (rapport à « ce » qui te reste sur l’estomac hé, hé)parce que je me serais faite avoir aussi par les affiches!
    Dire que j’avais aimé el Espinazo del Diablo (l’échine du diable) mais ça a l’air du ponctuel chez lui (pas aimé Hellboy, malgré ses belles images)
    Dans le genre fantastique et cruauté, je préfère de beaucoup le film « la tranchée » vue dernièrement à la télé (celui de Basset pas l’autre)
    Un autre qui m’avait marqué par l’imagerie mais déçue quand je l’ai revu c’est la Forteresse Noire (bonne idée ça, la créature réveillée et décimant la garnison allemande investissant un village)
    Enfin, encore un film décevant quoi (souvent j’admire par contre la mestria des monteurs de bande annonce qui feraient passer la pire des bouses pour un chef d’oeuvre)
    Bon…faudra attendre Shrek III alors hé, hé.
    Bises Baldwulf

  4. Ben merde alors… O_o
    Hum, tout ça me donne envie d’écrire un truc chez moi pour dire pourquoi moi j’ai aimé, et surtout pourquoi j’ai l’impression que tu es complètement passé à côté… On verra si j’ai le temps…

  5. Bonjour,

    J’avais vraiment envie d’aller le voir (bon là du coup un peu moins) et je vais quand même y aller pour me forger ma propre idée mais c’est bien d’être averti sur la violence. Je savais que c’était pas un conte de fées mais là comme tu le décris oups ça file mal au coeur.
    Sieglind dans son commentaire a parlé de « La Compagnie des Loups » de Neil Jordan (si mes souvenirs sont bons), je confirme c’est un très bon film.
    Amitiés,
    Emilie

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