Tonnerre Rampant

Eric Liberge. Ce nom m’évoque Monsieur Mardi-Gras Descendres, une rencontre artistique que j’avais pu faire quand le (défunt ?) magazine Golem en avait publié quelques planches en noir et blanc il y a de cela une grosse poignée d’années… La série en question, je reconnais ne pas l’avoir encore lue… Même si cela ne saurait tarder !
Alors quand je suis tombé il y a un mois sur un album du même auteur, paru en 2002 chez Soleil, dans la collection Latitudes, je me suis empressé de l’emprunter pour pouvoir remettre les pieds le temps d’un one-shot dans son univers artistique.

Pour ce qui est de l’histoire, Tonnerre Rampant nous narre comment Aloïs Squire, fondateur du premier bureau de recherches parapsychologiques à l’Université de Londres, va tenter de résoudre le mystère du prieuré de Nunhead, une des demeures les plus hantées d’Angleterre. Les habitants du prieuré sont persuadés que c’est le spectre d’une nonne serait depuis près de quatre siècles à l’origine des terrifiants phénomènes qui règnent en ces lieux…

Partant de cette histoire de maison hanté presque banale, Eric Liberge donne de l’ampleur à un scénario sans grande surprise par une recherche graphique originale. Ici point d’espace blanc entre les cases de ses planches, tout s’imbrique sur une trame de fond, parfois sans séparation, les scènes se diluant les unes dans les autres. Ce découpage si particulier donne une sensation de malaise, rehaussée par l’apparente absence d’ordre régulier dans la lecture des planches. En effet, il arrive fréquemment de devoir relire toute la planche parce qu’on s’aperçoit qu’on a suivi les cases dans le désordre. Ceci à tendance à quelque peu déboussoler le lecteur, le plongeant instantanément dans cette ambiance de folie qui régit la vie du prieuré.
Les personnages sont dessinés dans un style tout à fait particulier, que je serais bien peu apte à décrire sans écrire d’ineptie, mais qui permet de créer un contraste saisissant avec les décors. Le texte lui même échappe parfois aux conventions habituelles, pour n’être que surimpression quasi fantasmagorique. Les pleines pages remplies des lamentations du spectre sont un modèle du genre, totalement déstabilisantes.

Cet album est certainement ce qu’il m’a été donné à lire de mieux en matière de transposition sur le thème de la maison hanté. Mais attention, il est d’un abord relativement ardu à cause des diverses exprimentations stylistiques auxquelles se livre Eric Liberge, et comme j’ai pu le lire dans une critique, il m’est arrivé fréquemmement de regarder combien il restait encore de pages avant la fin, sa lecture se révélant parfois laborieuse. Qu’importe, j’ai pris énormément de plaisir dans ce dédale graphique et c’est bien là le plus important !

Une dernière chose… tout cet album est inspiré d’une "histoire vraie"…

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