Les inattendus mathématiques (1)

Voici un premier article sur l’ouvrage de Jean-Paul Delahaye, Les inattendus mathématiques, paru chez Belin, dans la collection Pour la Science. C’est un magnifique cadeau de ma Douce, offert au début de l’été. Je le lis petit à petit, en parallèle de lectures beaucoup moins sérieuses (voir le bas du cadre de gauche, encadré I’m reading it). Je vais essayer de donner mes impressions chapitre par chapitre (il y en a 21 en tout).
Le livre est découpé selon 5 parties principales :

  • L’art et  les mathématiques
  • Les découpages géométriques
  • Les mathématiques dans la société
  • Erreurs et paradoxes
  • Jeux et casse-tête

 N’attendons pas plus longtemps et plongeons-nous dans le premier chapitre…

Dès les premières pages du livre, nous nous retrouvons plongés dans la pluridisciplinarité, puisque nous sommes au carrefour des maths et de la littérature. L’auteur passe en revue divers procédés utilisés en littérature, certains sans rapport avec les mathématiques (contrepèterie, lipogramme, pangramme, accrostiche, palindrome, anagramme), mais d’autres en rapport plus ou moins direct.
L’écriture par combinaison de mots ou de phrases y apparaît, avec l’exemple des Cent mille milliards de poèmes de Queneau. Pour ceux qui ne connaissent pas, le principe en est simple : Queneau à écrit 10 sonnets, de 14 vers chacun, les autres poèmes étant obtenus par combinaisons de ces 140 vers (on choisit le premier vers parmi 1 des premiers vers de chaque sonnet, puis le second parmi les 10 deuxièmes, etc). Ce qui donne bien les 1014 poèmes promis par le titre !!!
De nombreux exemples d’un certain Pascal Keaser (il faudra que je trouve un de ses bouquins un jour…), auteur de poèmes suivants diverses contraintes mathématiques : carrés magiques, carrés gréco-latins, problème de Kirkman (Comment faire pour qu’une maîtresse d’école qui accompagne chaque jour ses 15 élèves en promenade puisse les ranger en 5 rangées de 3 élèves de manière à ce que, dans les 7 jours consécutifs d’une semaine, un élève ne soit jamais deux fois dans la même rangée qu’un de ses camarades donné…).
On y voit comment les auteurs cités en exemple ont pu se livrer à une sorte d’onanisme intellectuel amenant à l’écriture de textes parfois tortueux, uniquement pour le plaisir de jouer avec les contraintes qu’ils s’imposent. Le résultat est parfois saisissant, comme ce poème de Nora Mitrani et Hans Bellmer dont chaque vers est un anagramme du titre Rose au coeur violet (on trouve leurs équivalents dans la langue de Goethe avec
Rosen mit violettem Herz
et celle de Shakespeare avec Rose With The Violet Heart d’ailleurs). Les neuf premiers vers sont présentés, sur les 14/17 que compte le poème intégral (la structure est un peu étrange).
Pérec rode au détour de chaque page, son goût pour les textes sous contraintes étant naturellement bien connu (dois-je évoquer ici La Disparition ???).
Un premier chapitre amusant, que j’ai beaucoup aimé, et qui m’a donné quelques idées de poèmes (notamment un utilisant les nombres premiers, mais vous en saurez plus dans quelques temps ).

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